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Vers un décembre de convergence ?

Raffinerie de Feyzin : après 32 jours de grève, le mouvement se durcit

Ce matin, dans la métropole de Lyon, les raffineurs du site Total de Feyzin, en grève depuis 32 jours, ont durci le bras de fer engagé contre la direction, en organisant des actions de blocage : la distribution de carburant a été coupée, et la détermination de l’ensemble des salariés demeure intacte

vendredi 8 novembre

Alors que Total réalisait, en 2018, pas moins de 13,6 milliards d’euros de bénéfice net, tout en jouissant de 100 millions d’euros de CICE et de CIR, la direction de la raffinerie de Feyzin projette de supprimer sept de postes, entraînant une charge de travail supplémentaire au détriment de la santé des salariés et de la sécurité du site. D’autant, qu’à ce jour, le dépassement des heures représente «  154 jours en seulement 7 mois de janvier à juillet » indique la CGT Total Raffinage/Pétrochimie, qui dénonce de mauvaises conditions de travail. Quelques mois après le scandale écologique, sanitaire et industriel de Lubrizol, l’organisation syndicale prévient : «  La direction en soumettant toujours plus ses salariés à des charges de travail démesurées, est-elle consciente qu’elle expose la population à un LUBRIZOL ou un AZF bis !  »

Ainsi, depuis le 7 octobre, les salariés du service sont en grève, et la raffinerie à l’arrêt. Si depuis, la CFDT a décidé de se retirer de l’intersyndicale, au motif que « le rapport de force soit privilégié à la voie du dialogue  », les grévistes quant à eux, soutenu par la mobilisation d’une trentaine de Gilets Jaune de Lyon, font montre de leur détermination et poursuivent leurs actions, face à une direction qui « fait le choix de mépriser les grévistes en conditionnant toutes négociations à l’arrêt immédiat de la grève  » signalait Force ouvrière. Par conséquent, dans la matinée de lundi, un blocage de la plateforme d’expédition, de quelques heures seulement, avait été organisé. Aujourd’hui, la sortie des camions était une nouvelle fois bloquée par un mouvement de grève “suivi à 100%”. Parmi leurs revendications, le « retrait de ce projet funeste et donc aucune perte de poste  ».

Alors qu’en assemblée générale, les grévistes ont décidé de poursuivre le mouvement, la direction du site et les syndicats se reverront le 5 décembre à l’occasion d’un nouveau comité social et économique (CSE). Une date qui s’inscrit dans un contexte d’appels à la grève reconductible le 5 décembre qui se multiplient de la part de nombreux secteurs de la classe ouvrière pour combattre la réforme des retraites, contre Macron et son monde. Dans ces coordonnées, cette radicalisation du mouvement à la raffinerie de Feyzin est significative d’une bataille offensive qui se prépare, et qui a de quoi faire trembler l’exécutif, la CGT chimie, dont font partie les travailleurs des raffineries a d’ores et déjà annoncé sa participation à la journée du 5 décembre.. Si Emmanuel Macron « veut cette réforme comme preuve de sa capacité intacte à agir, mais ne veut pas d’un embrasement social un an après les « gilets jaunes  » peut-on lire dans Les Echos, il semble que la promesse de réformes néolibérales que le Président de la République incarnait jusqu’alors, risque de se heurter à une classe ouvrière inspirée par la détermination des gilets jaunes, car comme le soulignait Juan Chingo dans son livre Gilets Jaunes, le soulèvement, le mouvement a clairement « modifier en profondeur les relations existantes au sein du monde du travail et ce en dépit du poids et du conservatisme des bureaucraties du mouvement ouvriers officiel », le mois de décembre explosif qui s’annonce va en tout cas dans ce sens.

Crédit photo : Rebellyon




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