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Politique

Menace de répression

Raffineries. Philippe menace d’envoyer la police pour débloquer les dépôts de carburant

L’illusion de la possibilité de concessions donnée de la main gauche, la menace de la matraque de la main droite. Un grand classique, auquel s’est adonné Édouard Philippe ce mardi 7 janvier, lors de ses déclarations à propos de la réforme des retraites.

mardi 7 janvier

Action de blocage du dépôt de Bassens (Gironde), ce 7 janvier / Crédits photo : Actu Bordeaux

Ce 7 janvier au matin, Édouard Philippe a annoncé la couleur, reprenant un vieux classique en termes de « négociation » sur le terrain de la lutte sociale. Après plus d’un mois de grève, et alors que les grévistes cheminots et de la RATP ont passés le cap des vacances de fin d’année et que d’autres secteurs, comme les raffineries, ont annoncés depuis plusieurs jours leur intention de monter d’un cran dans le rapport de force, le premier ministre joue à la carotte et au bâton.

Opération en deux étapes donc. Alors que les syndicats dits « réformistes », en particulier la CFDT et l’UNSA, ont parcouru les rédactions et plateaux télévisé pour quémander ne serait-ce qu’un semblant d’ouverture.

Édouard Philippe feint dans un premier temps la négociation, ouvrant la porte à des « discussions » sur l’âge pivot et la question de la pénibilité. Une posture d’ouverture peu engageante, surtout lorsqu’on sait que le projet de loi est déjà écrit et a été envoyé au Conseil d’État.

Après la carotte vient le temps du bâton, avec lequel Édouard Philippe entend frapper fort. Alors que ce qui constitue le cœur du mouvement de contestation, à savoir la SNCF et la RATP, a passé le cap des vacances avec brio, d’autres secteurs ont annoncés vouloir durcir le mouvement ces derniers jours. C’est le cas des raffineries, laissant poindre à l’horizon la possibilité d’une pénurie de carburant. Sur ce terrain, Philippe n’entend pas faire dans la demi-mesure et affiche sa fermeté à réprimer violemment cette possible extension du mouvement et de l’amplification du rapport de force au bénéfice des grévistes. C’est pourquoi le premier ministre a menacé d’envoyé les forces de répression « pour qu’il n’y ait pas de blocages des dépôts » de carburant, dans la suite du bashing politico-médiatique incessant à propos de l’illégalité de ce moyen d’action pourtant légitime des grévistes, qui pourrait se combiner à une grève massive dans les raffineries.

Les grévistes de la RATP peuvent en témoigner, déblocage de dépôts est synonyme de matraquage en règle et la promesse de gaz lacrymogène de la part de la police. Une menace en bonne et due forme, une intimidation pour chercher à imposer par la force une réforme des retraites toujours massivement impopulaire, malgré le fait que la contestation dure depuis plus d’un mois. Tactique tout aussi prévisible que classique, le gouvernement cherche à la fois à rompre son isolement tout en restant sur une posture de fermeté, de garant de l’ordre pour lorgner sur sa droite. Il s’agit donc d’exiger, à la base des organisations syndicales dites « réformistes », le refus de toute sortie du mouvement tout en affichant la plus grande des déterminations et la plus grande des solidarités face aux menaces de violences étatiques contre les grévistes. La victoire passe par là.




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