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Blocages

Raffineries bloquées : le spectre de la pénurie pourrait venir hanter le gouvernement

Ce jeudi cela fera une semaine que sept raffineries sur huit sont bloquées par les grévistes opposés à la réforme des retraites. Le blocage reconduit jour après jour nourrit une inquiétude, dissimulée tant bien que mal, du côté du gouvernement et de l'industrie pétrolière : s'achemine-t-on vers une pénurie de carburant ?

mercredi 11 décembre 2019

"Cette situation ne suscite aucune inquiétude (...) Le niveau des stocks dans les dépôts pétroliers est bon" a assuré ce mardi 10 décembre le ministre à la transition écologique. Après sept jours de blocages des sept raffineries françaises sur huit, le gouvernement et l’industrie pétrolière continuent d’afficher un visage serein face à la mobilisation contre la réforme des retraites.

Pourtant huit jours de blocages des raffineries ne peut pas rester sans impact sur la production et l’acheminement des carburants. A ce titre, Sébastien Varagnol, délégué syndical CGT Petroinéos rapporte : "On a réduit les allures, on produit de moins en moins de carburant, on impacte l’économie de notre entreprise c’est certain ça ne fait pas plaisir aux gens mais aujourd’hui on est obligé de faire ça pour montrer notre détermination". Et, le taux de grévistes avoisinerait les 100%. Par ailleurs, une carte interactive qui existait pendant la mobilisation de 2017 a refait surface. Sur la carte, Essence & Co, sont recensées les stations-services victimes de pénurie de carburant. Ainsi, ce mercredi midi environ 500 stations étaient soit en rupture totale, soit en rupture partielle, sur les 11 000 stations qui existent en France. Face à ces chiffres, l’UFIP (Union Française de l’Industrie Pétrolière) assure "qu’il n’y a pas de crise majeure" et que ces chiffres "découleraient des automobilistes qui font le plein par peur de la pénurie".

Quoiqu’il en soit, le blocage des raffineries perdure, et s’il n’y a pas encore de pénurie, la reconduction des blocages ne présage rien de bon pour le gouvernement et l’industrie pétrolière. De plus, le gouvernement mise sur la reprise du fonctionnement des raffineries après les annonces d’Edouard Philippe ce mercredi midi.

Mardi, le secrétaire fédéral de la CGT Chimie expliquait qu’une « une conférence téléphonique aurait lieu après les annonces d’Edouard Philippe pour faire le point », et qu’il n’excluait pas l’appel à la reconduction des blocages en cas de déception. Jusqu’alors les centrales syndicales ont plutôt exprimé leur volonté d’appeler à poursuivre la grève. Pour les grévistes, les jours qui viennent sont décisifs en ce qui concerne la poursuite de la grève et le bras de fer avec le gouvernement qui ce mercredi a montré, une fois de plus, qu’il est déterminé à ne rien céder.