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Jeunesse

Étudiants sans-papiers

Rassemblement à Paris 8. Pour une fac ouverte à tous : régularisation de tous les sans-papiers !

La précarité explose chez les étudiants sans-papiers. En première ligne pendant la crise, le gouvernement continue à les maintenir dans la misère avec la complicité des présidences d'université. Pour exiger leur régularisation, un rassemblement a eu lieu mardi à la l'université Paris 8.

jeudi 28 octobre

Ce mardi avait lieu à Paris 8 un rassemblement pour exiger la régularisation de 37 dossiers d’étudiants sans papiers. Alors qu’un dépôt collectif avait été déposé à la présidence il y a neuf mois, aucune promesse n’a été tenue et cette dernière propose d’examiner seulement cinq dossiers. Un mépris révélateur des conditions de vie et d’étude des étudiants étrangers dans les universités, particulièrement dans une université comme Paris 8 où un étudiant sur dix est étranger.

Depuis le début de la pandémie, si les étudiants payent le prix de la crise, les étudiants étrangers payent le double et particulièrement ceux qui sont sans papier. Coupés de toute vie sociale jusque très récemment encore, et sans possibilité de rentrer chez sa famille comme certains étudiants nationaux, ils ont du faire face à une précarité grandissante, mais aussi à des difficultés d’accès aux études comme ils le dénonçaient lors d’un rassemblement en février dernier. Pourtant, ces étudiants faisaient partis des travailleurs essentiels de la société ce sont bien eux qui ont continué à livrer à vélo malgré la pandémie, qui ont continué à garder des enfants, à travailler dans des fast-foods, dans les restaurants, sur les marchés, etc... mais ce sont aussi eux qui d’un autre côté ont subi en premier lieu les licenciements du jour au lendemain, car beaucoup travaillent au black.

C’est dans ce contexte (qui ne s’est pas le moins du monde amélioré depuis), que, ce mardi 26 octobre, avait lieu à l’université Paris 8 un rassemblement pour exiger la régularisation de 37 dossiers d’inscriptions d’étudiants sans titre de séjour. Une démarche administrative de longue haleine pour ces étudiants qui vivent pour la grande majorité dans des conditions d’extrême précarité, et qui doivent faire face à une multitude d’obstacles supplémentaires que leur impose l’administration française, comme l’explique Alioune, membre du Collectif pour les Étudiants Étrangers de Paris 8 :

En effet, pour ces derniers, l’accès au système de bourses est impossible. C’est pourquoi il leur a été refusé catégoriquement l’accès aux repas à 1 euros au même titre que les étudiants nationaux l’année dernière. Dès lors, ils sont pour la plupart contraint de travailler, pourtant le droit ne leur autorise pas a excéder les 20 heures par semaine (pour ceux qui ont un titre de séjour...). Une contrainte de plus instaurée par l’administration française, ce qui amène une partie des étudiants étrangers à travailler de manière non déclarée ou semi-déclarée, souvent dans des conditions très difficiles. En effet, ces travailleurs ne bénéficient d’aucune protection juridique laissant la totale mainmise sur leur travail à leur employeur, comme on a pu le constater durant le COVID où une multitude de travailleurs sans papiers se sont retrouvés à la rue. Dans le cas des étudiant algériens, par exemple, le titre de séjour n’est même pas considéré comme suffisant pour travailler. Ces derniers doivent faire une démarche administrative supplémentaire consistant à réclamer une autorisation de travail auprès du consulat, leur permettant de travailler... seulement 18 heures par semaine. À tout cette précarité, on peut ajouter des conditions de vies difficiles ! les contrôles de police à répétitions, les difficultés d’accès aux soins, les difficultés des logements étant donné que, sans titre de séjour, les étrangers n’ont pas droit aux APL. C’est pourquoi certains d’entre eux se retrouvent obligés de dormir à la rue, comme l’expliquait Alioune.

Avec le collectif Le Poing Levé Paris 8 nous étions au côté du Collectif pour les Étudiants Étrangers de Paris 8 ce mardi. Depuis 9 mois, diverses organisations de la fac dont Le Poing Levé, luttent pour la régularisation de ces dossiers d’étudiants sans papier. Un dépôt collectif contenant les 37 dossiers avait été déposé à la présidence à ce moment, et celle-ci c’était engagée à accompagner ces étudiants dans leurs démarches auprès de la préfecture. Mais la réalité, c’est que cet engagement n’a pas été tenu et pendant des mois la présidence n’a eu de cesse de repousser le problème... et les rendez-vous aux étudiants étrangers. Le 11 octobre, nous avons ainsi appris que seulement 5 dossiers allaient être "examinés". Autrement dit, non seulement la présidence laisse 32 dossiers dans le vent, mais en plus aucun garantie n’est donnée que ces 5 étudiants puissent voir leur situation se régulariser. Mehdi, membre du Poing Levé Paris 8 et du Collectif pour les Étudiants Étrangers, nous l’expliquait :

C’était donc dans cette perspective qu’une trentaine de personnes se sont rassemblées, incluant étudiants de l’université, militants du poing Levé Paris 8, et membres de l’Unef Tacle Paris-Nanterre, afin d’aller voir la présidence directement dans son bureau et d’exiger la régularisation immédiate de tous les dossiers. Une démarche qui n’a évidemment pas pu aboutir, la présidence de l’Université ayant préféré se terrer dans son bureau et, comme à son habitude, charger les vigiles de la faculté de nous repousser, permettant à cette dernière de fuir complètement ses responsabilités comme l’explique Aliune :

Ainsi, face à la situation alarmante dans laquelle se trouvent les étudiants étrangers, et particulièrement ceux sans papiers, nous pensons qu’il est nécessaire de s’organiser dans la rue, nos lieux d’études et de travail pour la régularisation des sans papier, une fac gratuite et ouverte à tous, le retrait des lois ORE et une carte de séjour pour tout les étudiants étrangers, en ce sens il est aussi nécessaire d’opposer à la voix de l’extrême droite qui se radicalise, une voie véritablement révolutionnaire. C’est pour ça qu’avec Révolution Permanente et Le Poing Levé, nous soutenons une candidature en indépendance de classe, à même de porter des revendications pour les plus précaires et de porter la voix de celles et ceux qui n’en ont pas dans ce système, celle d’Anasse Kazib, un ouvrier issu de l’immigration et des quartiers populaire. Une campagne pour porter la voix de nos dernières mobilisations, de la lutte des classes et du camps des exploités.




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