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Notre classe

Solidarité face à la répression

Rassemblement de soutien à Hani. Tous solidaires contre la répression des grévistes de la RATP !

Ce mardi Hani, gréviste de la RATP du dépôt de Belliard, était convoqué pour son conseil de discipline, en pleine grève reconductible. Si le conseil a finalement été reporté, c'est un rassemblement très réussi et combatif qui s'est tenu contre la répression, avec 500 personnes présentes, dont beaucoup de grévistes et de soutiens.

mardi 7 janvier

Au 19 place Lachambaudie, ce sont près de 500 personnes qui se sont rassemblées ce mardi. Parmi elles, de nombreux grévistes de la RATP, mais aussi de la SNCF, des enseignants, des salariés de la Poste, et un certain nombre d’étudiants. Venus pour beaucoup directement après des actions de blocages des dépôts de bus le matin même - notamment à Flandres et Lagny, lieux désignés pour les piquets tournants du jour - cette avant-garde de la lutte contre la réforme des retraites a mis un point d’honneur à être présente aujourd’hui en soutien à Hani, agent RATP du centre bus de Belliard, convoqué en conseil de discipline par la direction.

Au cours de ce rassemblement, plusieurs prises de paroles se sont succédées, de 13h à 14h, avant l’heure de la convocation. C’est Hani lui-même qui ouvre le bal, pour expliquer sa situation, celle de la répression de la direction de la RATP contre les militants les plus mobilisés dans le mouvement de grève actuel. Hani le rappelle, les faits qui lui sont reprochés ne sont autres que le signalement de l’état désastreux des bus parisiens. Comme l’explique son collègue Karim « il est puni pour avoir exercé ses prérogatives d’élu en protégeant ses collègues et les usagers face à la dégradation du matériel ».

Or, la répression des militants syndicaux n’est pas une nouveauté, pendant ou après les mouvement de grèves d’ampleur, et se révèle d’autant plus forte dans une grève reconductible telle que celle que sont en train de mener, en première ligne, les agents RATP depuis le 5 décembre. En ciblant directement ceux qui sont les figures du mouvement, la direction entend l’affaiblir et intimider les rangs des grévistes. « C’est une attaque en règle contre les travailleurs en lutte ! » dénonce un gréviste de Croix-Nivert.

Et c’est bien contre cette répression féroce et intolérable qui s’abat sur le mouvement, au-delà même du cas de Hani, qu’étaient rassemblés en masse les grévistes et soutiens, après une vague non seulement de convocations en procédures disciplinaires, mais aussi de répression violente par les forces de l’ordre appelées par la direction de la RATP sur les blocages des dépôts de bus. C’est notamment le message qu’est venu porter Olivier Besancenot, présent depuis décembre aux cotés des grévistes du centre bus de Belliard. « A partir de maintenant face à toutes les sanctions qui vont tomber, il va falloir être soudés. A chaque fois qu’il taperont sur un ou une collègue, il va falloir être soudés jusqu’au bout. » Avant de rappeler que « le meilleur filet de sécurité, pour Hani, pour Yacine et tous les autres, ce sera de gagner la grève ! » C’est dans le même sens qu’intervient Anasse Kazib, cheminot du Bourget également présent. « Qu’ils le sachent, victoire ou pas victoire, il va y avoir un lendemain de grève, et il va falloir assumer ! » lance-t-il à l’attention de ces directions d’entreprises qui commanditent les coups de matraques contre leurs employés.

Solidarité jusqu’au bout face à la répression : les soutiens escortent Hani pour son audition !

Tous déterminés à faire bloc face à cette répression, c’est en escorte massive qu’Hani rejoint les locaux de sa convocation, accompagné jusque dans la salle du conseil par des dizaines de grévistes. Une unité tant solide que symbolique à l’heure où tout est fait pour diviser et affaiblir le mouvement. Le message est clair : la solidarité face à la répression est totale, aucun collègue réprimé ne sera laissé de coté !

Ainsi, bien que le conseil de discipline ne se soit finalement pas tenu, le rassemblement a été une véritable réussite. Reporté en raison de l’absence des élus du personnel Sud Rail et CGT qui, en raison de leur statut de gréviste, ont décidé de ne pas siéger, le conseil de discipline ainsi que les sanctions pour Hani seront prononcés la semaine prochaine, mardi 14 janvier à 14h, une date à laquelle il sera important de se montrer une nouvelle fois présents en nombre à ses cotés.

Tous unis malgré la répression et les difficultés, les grévistes soudés pour se battre jusqu’au retrait

En plus d’assurer un rassemblement au moins aussi important, pour un véritable soutien et une pression sur la direction de la RATP mardi prochain pour Hani, mais aussi lundi 13 pour Yacine, il s’agit pour l’ensemble du mouvement, dans ce contexte de répression forte et alors que les 34 jours de grève reconductible commencent à peser sur les grévistes, d’interpeller les directions syndicales pour un plan a la hauteur de la situation. En effet, tout ce qui peut aider le mouvement à tenir et les grévistes à résister face à cette répression doit être mis en place, et ce sont notamment les confédérations syndicales aux caisses bien remplies qu’ont interpellé à de nombreuses reprises les prises de paroles aujourd’hui.

Car malgré la répression et le coût financier plus important chaque jour de cette grève reconductible qui est devenue la plus longue que la SNCF n’ait jamais connue, le retrait total de la réforme reste la seule chose qu’attendent les grévistes de ce mouvement. C’est le sens de l’intervention de Malek, gréviste du centre bus de Nanterre, qui appelle les directions syndicales à cesser immédiatement le jeu des négociations avec le gouvernement et de verser leur argent aux caisses de grève. C’est donc déterminés à gagner que se séparent les grévistes après la sortie des locaux de Hani, avant de se retrouver demain sur les piquets, déterminés à aller jusqu’au retrait, avec en ligne de mire « un nouveau record, celui de la victoire totale, ni amendable, ni négociable ! »

Revoir le rassemblement filmé en direct par Révolution Permanente :




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