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Politique

Rassemblement de soutien pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux prisonnier politique français.

Ce dimanche devant la prison de Lannemezan avait lieu une marche de soutien pour Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste et révolutionnaire libanais, prisonnier politique français depuis 36 ans.

mardi 27 octobre

Crédits photos : secoursrouge.org

Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais, défenseur de la cause palestinienne et co-fondateur de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL), est un prisonnier politique incarcéré en France depuis 37 ans maintenant. En prison il a continué à militer et à afficher son soutien aux peuples opprimés en menant par exemple des grèves de la faim en soutien aux prisonniers politiques tunisiens.

Arrêté le 24 octobre 1984 pour détention de faux papiers, il est condamné deux ans plus tard pour détention de vrai-faux papiers algériens et détention d’armes. Alors que la France négociait avec l’Algérie pour sa libération, des armes sont retrouvées dans une des planques des FARL en France ayant servi en 1982 pour l’assassinat d’un attaché militaire de l’ambassade des Etats-Unis, Charles. R. Ray, et un secrétaire de l’ambassade d’Israël travaillant pour les services secrets israéliens, Yacov Barsimentov. George Ibrahim Abdallah est alors condamné à perpétuité. En 1987 il est aussi jugé complice d’attentats revendiqués par la FARL. Des actes auxquels il nie avoir participé. De plus ces attentats ont représenté des actes de résistance, alors que le Liban était attaqué par Israël, soutenu par les États-Unis. S’en suivront de nombreuses tentatives de libération de George Abdallah, qui est aujourd’hui le plus vieux prisonnier politique d’Europe.

En 2002, une première demande de libération est rejetée, alors que la juridiction de remise en liberté conditionnelle l’accordait. C’est en fait la ministre de la justice de l’époque en personne Dominique Perben, qui objectera un refus à sa liberté conditionnelle.

En 2012, c’est la huitième demande de libération qui est rejetée, après une visite du premier ministre libanais Najib Mikati, déclarant Abdallah comme prisonnier politique. La demande étudiée par la chambre d’application des peines en matière de terrorisme est pourtant accordée, sous condition d’expulser du territoire français le prisonnier libanais. C’est cette fois Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères qui reçoit un coup de file de son homologue américaine, Hillary Clinton, lui demandant de ne pas libérer Georges Abdallah. Manuel Valls alors ministre de l’intérieur refuse de signer l’arrêté d’expulsion le 14 janvier 2013. La détention du militant est alors prolongée suite à l’annulation de la décision de libération par la cour de cassation en avril 2013, prenant le dossier comme irrecevable.

Il avait 33 ans le jour de son arrestation à Lyon, il en a désormais 69. Selon le droit français, Georges Abdallah est libérable depuis 1999.

Il est accusé à tort de complicité dans l’attentat terroriste à Paris de 1987 par le ministre de l’intérieur de l’époque, Charles Pasqua, et son délégué à la sécurité, Robert Pandraud. Quelques années plus tard Pandraud s’exprimera même en disant « Tous les barbus proche-orientaux se ressemblent. Je me suis dit que mettre en avant la piste Abdallah ne ferait pas de mal. En réalité nous n’avions aucune piste ».

L’État français persistera à refuser la libération de Georges Abdallah. Notamment par rapport aux liens étroits que la France entretient avec les Etats-Unis, allié principal d’Israël qui ne peut admettre la libération de ce combattant pour la cause palestinienne. En 2016, George Abdallah demande à son avocat d’arrêter les demande de libération conditionnelle.

Récemment Emmanuel Macron avait fait preuve de son célèbre mépris en niant l’existence d’Abdallah, le 1er janvier 2018, lors de sa visite officielle à Tunis au cours de laquelle des manifestants avaient crié « Libérez Abdallah ! ». Macron a affirmé devant les manifestants et médias ne pas connaître George Abdallah.

George Ibrahim Abdallah est libérable depuis 1999, cela fait 21 ans qu’il devrait sortir de cette prison. Il est aujourd’hui un symbole de la lutte contre l’impérialisme et de la cause palestinienne.

Nous lui affichons notre soutien inconditionnel et continuons d’exiger sa libération.




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