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Rassemblement pour Victor et Mickaël, 300 personnes et une relaxe !

Près de 300 personnes étaient présentes ce lundi midi à la fac de Nanterre lors du rassemblement pour soutenir Victor et Micka, menacés d'expulsion pour s'être mobilisés contre la hausse des frais d'inscription.

mardi 21 mai

Ce rassemblement était aussi l’occasion de réaffirmer le soutien à Roga, le 3ème de Nanterre à être réprimé et condamné à 6 mois de prison ferme pour s’être mobilisé au printemps dernier sur l’université.

Victor et Micka, tous deux syndiqués à l’UNEF et militants au NPA, avaient reçu en décembre 2018 un arrêté leur interdisant l’accès à la faculté, la présidence invoquant le risque de blocage de l’université que leur présence poserait potentiellement. Le président de la fac Jean-François Balaudé avait ensuite saisi la commission disciplinaire, pour les exclure de l’université, commission qui se déroulait cet après midi.

En réalité, c’est la mobilisation toute entière contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers qui est visée : comme l’ont rappelé Victor et Micka lors du rassemblement, le but est de faire un exemple pour taire toute contestation et exclure toute mobilisation de la fac de Nanterre, qui comptait parmi les facs les plus mobilisées au printemps dernier contre la sélection à l’université.

De nombreuses interventions ont rythmé le rassemblement, pour finir au son de la Fanfare invisible également présente. Postiers du 92 en grève, cheminots réprimés, gilets jaunes...À l’heure où le gouvernement et le patronat tapent fort pour faire taire la contestation, tous étaient là pour rappeler leur solidarité et pour affirmer que malgré la répression il n’était pas question de baisser la tête. La FSU et les enseignants mobilisés contre la réformes Blanquer, l’UNL, l’association Quilombo de Nanterre se sont également exprimés.

Olivier Besancenot pour le NPA a rappelé que derrière tous les cas de répression aujourd’hui, il y avait une orientation politique avec pour but de faire peur à tous ceux qui voudraient se mobiliser contre la politique de casse sociale, soulignant la dimension symbolique de Nanterre dans les dernières mobilisations. À l’heure où, en décembre, les manifestations des Gilets jaunes étaient quasi insurrectionnelles et que le mouvement étudiant et lycée commençaient à rentrer dans la lutte, le gouvernement avait peur... prêt à exfiltrer Macron en hélicoptère. Victor et lui ont rappelé lors de leurs intervention que ce qui fait réellement trembler le gouvernement, c’est lorsque les luttes convergent : dans les manifestations du samedi, dans les Assemblées Générales, dans les comités de grève.

Camille, militante Gilet Jaune, a insisté sur un réveil nécessaire de la jeunesse à l’heure où des jeunes qui ont simplement manifesté sont attaqués. Éric, cheminot réprimé par la direction de la SNCF, qui le qualifie "d’anxiogène" (ce qui n’est pas sans rappeler le traitement réservé aux deux étudiants soupçonnés à eux seuls de constituer une menace de blocage) a pris la parole, réaffirmant qu’il n’y a que la lutte qui nous sauvera et appelant à une convergence interlutte, intersyndicale et bien sûr avec les Gilets Jaunes. Un rassemblement a lieu ce jeudi 23 mai contre les mesures disciplinaires entreprises par la SNCF à son encontre.

La répression menée par la présidence de Nanterre, qui avait fait intervenir les CRS le 9 avril dernier pour déloger les étudiants en Assemblée Générale contre la sélection, n’est autre que le reflet de la politique d’un gouvernement Macron au service des plus riches, du côté des directions de la Poste ou de la SNCF, et qui envoie la police matraquer et mutiler les Gilets jaunes toutes les semaines.

A l’issue de 9 heures de commission disciplinaire, Victor et Mickaël sont finalement sortis pour annoncer une bonne nouvelle : leur relaxe totale. Une décision dans laquelle a évidemment pesée la mobilisation qu’ont réussi à organiser autour d’eux les deux étudiants. Preuve s’il en fallait que la lutte paye et que la solidarité est essentielle dans cette période où la répression se multiplie.




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