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Politique

Répression du Nouvel An

Rave-party du 31. La justice réprime les teufeurs, pas les policiers responsables de la mort de Steve

Depuis une semaine, le gouvernement et les médias ne cessent d’en parler : le soir du Nouvel An, 2500 « teufeurs » se sont réunis à Lieuron en Bretagne. Un homme a été interpellé, accusé d’être un organisateur risque 10 ans de prison. Dans le même temps, la justice pour Steve, mort lors de la fête de la musique 2019, n’est toujours pas faite.

mercredi 6 janvier

Crédits photo : Radio France - Céline Guétaz

Dix ans de prison pour avoir organisé une fête ? On aurait presque l’impression que cela sort de la bouche d’un humoriste. Et pourtant, c’est bien ce que risque un homme de 22 ans, qui dort aujourd’hui en prison, placé en détention provisoire. Au soir du Nouvel An, une rave party a été organisé à Lieuron (Ille-et-Vilaine), rassemblant 2500 personnes. Dans un contexte où le gouvernement n’a toujours pas de plan pour une campagne de vaccination nationale, et où la jeunesse est durement frappé par la crise, que ce soit économiquement mais surtout psychologiquement, cette soirée était pour les organisateurs une « soupape de décompression » pour « se retrouver un instant, ensemble, en vie ».

« Dès les premières communications, nous avons donné une place primordiale à la prévention sur le Covid. Des consignes strictes de dépistage et d’isolement ont été données en amont, à l’entrée, pendant et après. Quelques milliers de masques et des dizaines de litres de gel étaient distribués à l’entrée et disponibles en libre-service. » expliquent les organisateurs.

Mais le gouvernement quant à lui est bien décidé de se servir de cet évènement pour cacher l’échec de sa gestion sanitaire et les critiques qu’il essuie sur sa campagne de vaccination. Plutôt que de répondre aux problèmes des 60 millions d’habitants du territoire, le gouvernement tape sur un bouc-émissaire, une jeunesse victime de longs mois de confinement et d’isolement imposés par une gestion calamiteuse de la crise sanitaire. Résultat : 1650 amendes et un jeune homme risquant 10 ans de prison.

Car que penser, si ce n’est que cet homme, dont l’identité est inconnue, est un bouc émissaire ? Interpellé avec un petit groupe électrogène, on a l’impression que toutes les charges possibles et imaginables lui sont reprochées : « organisation sans déclaration préalable de ce type de rassemblement, mise en danger de la vie d’autrui caractérisée à la fois par la violation des règles sanitaires et la localisation aux abords immédiats d’une voie à grande circulation, ouverture d’un débit de boissons sans déclaration, exécution d’un travail dissimulé et aide à l’usage par autrui de stupéfiants ». Rien que ça. Derrière toutes ces accusations, le but du gouvernement est bien de continuer sa gestion répressive de la crise sanitaire, en culpabilisant la jeunesse de la responsabilité de la reprise épidémique.

Au-delà du sort de ce jeune homme, un autre fait ne peut que nous révolter : c’est le deux poids deux mesures de Philippe Astruc, le procureur en charge de l’affaire, qui est par ailleurs celui en charge de la mort de Steve Caniço, mort lors de la fête de la musique 2019. Un an et demi après, l’affaire traîne, avec pour dernière nouvelle une reconstitution des faits, en octobre, soit 16 mois après les faits. Aucune personne mise en examen. Ni les policiers, ni le préfet : personne. Le procureur explique depuis des mois qu’une « reconstitution » est en cours, allant même jusqu’à déclarer qu’« il a très bien pu tomber avant ou après l’intervention des forces de l’ordre » ou que « pour le moment, la justice n’est pas certaine que Steve Maïa Caniço soit tombé dans la Loire ». Il y a eu pourtant mort d’homme. Visiblement, une fois encore, criminaliser le jeunesse reste la priorité de la justice bourgeoise française.




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