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Covid-19

Rebond épidémique. L’exécutif écarte toute politique de prévention pour satisfaire le patronat

Alors que les épidémiologistes alertent sur un rebond épidémique qui pourrait se poursuivre cet été, le gouvernement poursuit sa gestion erratique de la crise sanitaire en écartant toute politique de prévention pour préserver au mieux les profits du patronat.

jeudi 23 juin

Crédit photo : Ludovic Marin / AFP

La France, comme toute l’Europe de l’Ouest, connaît actuellement une recrudescence des infections au Covid-19, alors que le sous-variant BA.5 d’Omicron gagne du terrain face au BA.2, toujours majoritaire.
Pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à Genève, « c’est très clairement une reprise épidémique ». Au 19 juin, selon les chiffres officiels, on comptait 43 739 nouveaux cas positifs en moyenne et 50 000 nouvelles infections par jour en moyenne sur les derniers jours. La dernière semaine de mai, cette moyenne s’établissait à moins de 19 000 nouvelles infections.

Cette augmentation du nombre cas s’accompagne d’une hausse de près de 30 % des hospitalisations sur 7 jours au 22 juin, soit plus de 600 nouvelles hospitalisations par jours. Le nombre décès dus au Covid en revanche se maintient à 40 morts par jours en moyenne, un nombre stable depuis le début du mois.

Cette reprise épidémique au mois de juin s’explique en partie par la diffusion sous-variant BA.5 d’Omicron, « 20 à 30 % plus transmissible que le précédent », à savoir le BA.2 toujours majoritaire, selon l’épidémiologiste Mahmoud Zureik.

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Cependant, cette reprise épidémique trouve également sa source dans le recul drastique des mesures de prévention accompagné par le gouvernement. Ainsi, il n’est plus prévu d’arrêt de travail automatique pour les travailleurs cas contacts, de sorte que bien souvent les salariés ne peuvent pas s’isoler chez eux et sont contraints de se rendre sur leur lieu de travail, au risque de contaminer leurs collègues. Le gouvernement s’est aligné sur ce point avec la position du patronat pour qui cette mesure était une source « d’absentéisme incontrôlé » à laquelle il fallait mettre fin.

La promotion des autres mesures de prévention telles que le port du masque en intérieur, le renouvellement de l’air ou la quatrième dose de vaccin est plus que timide. Et pour cause, malgré les recommandations sanitaires qui restent plus que pertinentes vu la situation, le gouvernement a été particulièrement discret durant la dernière période sur l’épidémie et les mesures pour y faire face. Il s’agissait pour l’état-major macroniste de faire oublier l’épidémie et sa gestion catastrophique, notamment dans les hôpitaux, de sorte à mener des campagnes électorales pour l’élection présidentielle puis les législatives, loin du naufrage de la gestion de la crise par le président réélu. De sucroît, alors que le MEDEF s’était montré très réticent lors des dernières vague à la moindre mesure sanitaire dans les entreprises, il n’était pas question d’activer des protocoles de traçage des chaînes de contamination au détriment de l’activité économique.

Après deux ans de pandémie et alors que la canicule frappe les plus vulnérables et met d’ores et déjà en tension des les hôpitaux, la politique du gouvernement est ainsi une nouvelle fois inconséquente. Pour assurer la santé de tous et protéger les plus à risque de développer des formes graves de Covid, il est nécessaire de revendiquer des mesures adaptées dans les lieux de travail et d’étude – comme la gratuité du masque et du gel hydro-alcoolique, l’élaboration de protocoles permettant de brise les chaînes de contamination ou l’instauration de systèmes d’aération plus efficaces – sans attendre ce gouvernement qui fait passer la communication et ses préoccupations électorales avant la santé du plus grand nombre.



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