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Politique

Crise écologique

Réchauffement climatique. Des centaines d’hectares de terre agricole ravagés par des incendies dans l’Ouest

En début de semaine une vague d’incendies a touché l’ouest du pays et notamment les terres agricoles. Une situation préoccupante alors qu’un pic de chaleur est prévu pour cette fin de semaine, conséquence directe du réchauffement climatique.

jeudi 16 juin

Crédit photo : RL

Ce lundi, une quarantaine de pompiers était mobilisée à Nueil-sous-Faye, dans la Vienne, pour combattre un important incendie. Bilan : 49 hectares de cultures brulés ainsi qu’un hectare de sous-bois. Mardi, à Senillé-Saint-Sauveur, toujours dans la Vienne ce sont 30 hectares d’orge qui sont partis en fumée, auxquels il faut ajouter 15 hectares à Cherves, ou encore 5 à Chalandray. Mercredi, c’est 9 hectares de blé et d’orge qui ont brûlé à Chiré-en-Montreuil. Ce sont ainsi plus d’une centaine d’hectares de terres cultivées qui se sont envolées en seulement 3 jours. Une véritable série noire.

Les départements voisins ne sont pas épargnés. Sur la seule journée de mardi, les pompiers sont intervenus 13 fois dans les Deux-Sèvres. Au total, 9,5 hectares de cultures ont été perdus dans ces « feux de récolte ». En effet, en cette période de récolte, le passage des moissonneuses dans des champs secs, sous de hautes températures et une légère brise, est très propice à des départs d’incendie. Dans de telles conditions, une simple friction contre une pierre, une pièce métallique ou la chaleur du moteur peut embraser les plants et provoquer de lourdes pertes dans les récoltes.

Le plus inquiétant est certainement que cette vague d’incendies en zones agricoles démarre avant même que le pic de chaleur attendu pour cette fin de la semaine ne soit atteint. Cet épisode caniculaire, symptôme du réchauffement climatique, ne présage rien de bon quant à l’été à venir et au risque augmenté de départs de feu, dans les champs comme dans les zones boisées ou sauvages.

Loin d’être anecdotique, la fragilisation des récoltes par la sécheresse et les incendies tend à devenir un phénomène global qui menace la sécurité alimentaire de l’humanité. Ainsi, dans la corne de l’Afrique, en Somalie, au Kenya et en Ethiopie, plus de 16,7 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë à la suite d’un manque persistant de précipitations.

Comme le montre les tensions sur le marché mondial du blé depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, une réduction des quantités de céréales disponibles, qu’elle soit causée par un conflit et/ou par des phénomènes climatiques, a des répercussions à l’échelle internationale et menace l’approvisionnement des régions qui comptent sur l’importation. C’est ce qui est en train d’arriver à l’Egypte, qui dépend à 80 % des importations de blé en provenance d’Ukraine et de Russie. Les difficultés d’approvisionnement depuis le début de l’opération militaire russe, notamment le blocus en Mer noire, fait aujourd’hui planer l’ombre de la pénurie sur le pays.

Qu’il s’agisse d’enrailler le réchauffement climatique ou s’assurer la sécurité alimentaire à la population mondiale, le capitalisme emmène l’humanité dans le mur. Les mesures urgentes nécessaires à la survie du plus grand nombre ne pourront être prises qu’en s’affrontant directement aux intérêts des grandes entreprises les plus polluantes, aux spéculateurs qui s’enrichissent grâce aux pénuries et aux gouvernements qui les accompagnent.



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