^

Politique

Projets mortifères

Récit de lutte. Contre l’implantation d’une laverie nucléaire à Suzannecourt

Nous relayons le récit d’une lutte contre l’implantation d’une laverie nucléaire en Haut de Marne à Suzannecourt : « nous ne voulons pas de leurs projets mortifères ni dans le grand Est, ni ailleurs ! »

mercredi 4 septembre

Quelque part à la campagne, dans le Grand Est en Haute Marne, entre St Dizier et Chaumont, se trouve Joinville charmante petite cité du nucléaire, euh pardon de caractère…

Au milieu de dizaines de panneaux « à vendre » sur des maisons aux volets souvent fermés, en fleurissent de nouveaux : UNITECH C’NON.

Unitech, cette société américaine qui a pour projet de s’implanter à Suzannecourt, près de Joinville, une blanchisserie industrielle nucléaire afin de traiter le linge contaminé de La Hague, Bure et pourquoi pas de toute l’Europe. 1900 tonnes de linge contaminé par an et les eaux usées, chargées de détergents et de radionucléïdes seraient déversées dans la Marne, soit disant « après traitement » qui vont avec. En tout, plus d’un tiers de la contamination se retrouverait dans les eau de la Marne qui traverse plusieurs départements pour se jeter dans le lac du Der et rejoindre la Seine.

A la contamination de l’eau, s’ajoutent les risques relatifs à l’unité de décontamination et d’entreposage sur le site, qui rejetterait des métaux lourds dans l’atmosphère. A proximité d’une zone urbanisée où se trouvent entre autre un supermarché mais surtout une école, un collège et une crèche !

Un hydrogéologue, mandaté par l’ARS (Agence Régionale de Santé) a émis un avis défavorable sur le projet, compte tenu en parti du fait que les effluents seraient rejetés dans le périmètre de protection de 2 sources d’eau potable captable à proximité de la commune de Vecqueville. Les effets néfastes ne sont repris nulle part dans le projet présenté à la mairie de Suzannecourt où se trouverait ladite laverie.

Tout s’est fait dans l’ombre pendant ces 3 dernières années. Les habitants et nouveaux rares acquéreurs de biens immobiliers n’ont pas été prévenus lors de l’achat de leur bien. Il n’y a pas eu d’enquête publique avant l’édiction du permis de construire alors que ce projet est soumis à autorisation au titre de la législation ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) !
Rien ! Le silence, l’opacité la plus totale alors que les habitations se trouvent à moins de 100m et que du plutonium, du plomb et autres métaux lourds seront rejetés dans l’air, l’eau, le sol...

Alertés par les associations CEDRA et Gudmont dit non, les habitants ont décidé de ne pas se laisser faire. Deux associations se sont alors créées : Joinville Lave Plus Propre et Belles Forêts sur Marne qui travaillent ensembles mais aussi des groupes d’opposants au projet non partisans et les Gilets Jaunes. 103 habitants et 3 associations ont également déposé un recours en référé contre ce projet présenté comme une simple blanchisserie industrielle.

Depuis, la contestation s’amplifie et la résistance s’organise. Les opposants alertent leurs conseils municipaux : déjà 23 communes officiellement opposées au projet dans la région mais aussi en région parisienne. Une campagne d’affichage est lancée : un succès. De nombreux habitants affichent leur opposition au projet, sur leur maison, dans l’espace public. Un maire a bien tenté de juguler cet affichage avec un arrêté municipal : immédiatement les riverains ont réagi en affichant de plus belle leur opposition.

Dans une région dévastée par le chômage et la précarité, désertée par les services publics, les partisans d’Unitech font miroiter la promesse d’une quarantaine d’emplois équivalent temps plein…

Mais combien d’emplois dans le tourisme et les activités annexes seront alors perdus ? La santé publique peut-elle être ainsi négociée, monnayée ? La santé des habitants du bassin joinvillois ne vaudrait donc qu’une quarantaine d’emplois ? Et même, au-delà du bassin joinvillois, la pollution de la Marne impactera tout le nord de la France, jusqu’à la Seine ! Alors, sommes-nous prêts à sacrifier la santé et l’environnement de tout ce monde pour quarante emplois même pas garantis ?

Le grand Est a déjà à faire avec le projet CIGEO à Bure (stockage de déchet nucléaire) en Meuse. Depuis trente ans, les gouvernements successifs désertifient la région pour permettre aux lobbies du nucléaire de prospérer sur le terrain. La Haute Marne et la Meuse ont déjà plus d’une dizaine de projets inhérents au nucléaire en prévision. Avec le lot de nuisances qui les accompagne, déjà en application à Bure, Mandres en Barrois et Saudron…. Répression, intimidations, check-points, no go zone, surveillance rapprochée (drône, écoute, filature…)

Nous ne voulons pas de leurs projets mortifères ni dans le grand Est, ni ailleurs. La question de la gestion des déchets nucléaires et de leur traitement se pose en effet de manière urgente ! Bure, Unitech et ceux à venir sont les conséquences de la folie humaine capitaliste et consumériste. Et si, pour commencer, on arrêtait le nucléaire pour de bon, si on arrêtait de produire l’énergie pour la revendre au lieu de l’utiliser pour nos besoins ? Et si on investissait dans la recherche du recyclage ? …

En attendant la suite de nos aventures et fort de la réussite de la dernière mobilisation début juillet 2019, nous organisons une manifestation le 14 septembre 2019 à Joinville (52) contre le projet UNITECH.




Mots-clés

environnement   /    Nucléaire   /    Ecologie   /    Politique