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Politique

Bras armé de l’État

Réforme des retraites. Castaner prêt à maintenir les « spécificités » du régime des forces de répressions

Castaner a tenté de canaliser la colère des forces de répression en leur envoyant une lettre promettant de conserver les spécificités de leur régime des retraites. Comme quoi leur réforme à point ne semble pas être si égalitaire que ça.

samedi 7 décembre 2019

La veille du 5 décembre, la gouvernement a tenté de calmer la grogne des forces de répression. En effet, ceux qui répriment avec zèle depuis la réforme du code du travail en 2016, ont peur pour leur retraite. Mais le gouvernement ne peut pas se permettre de se mettre à dos les forces de répression, essentielles pour mater les manifestants et permettre de faire passer les réformes.

De fait, mercredi, Castaner a envoyé une lettre aux syndicats policiers. L’Agence France-Presse qui a eu accès à une copie dévoile ce qui y est inscrit. Et Ô surprise, le ministre explique que « des spécificités (…) seront conservées pour les fonctionnaires qui exercent des missions régaliennes de sécurité et d’ordre public pendant une période minimale ». Un système qui se veut égalitaire mais pas pour le bras armé de l’État. Il assure également que « pour ces fonctionnaires, les droits à un départ anticipé à la retraite resteront ouverts comme aujourd’hui, sans changement », mais surtout que « les gains représentés par les bonifications de durée qui existent dans les régimes actuels (des policiers) seront préservés dans le futur système universel  », « ce qui permettra de maintenir des niveaux de retraite comparables aux pensions actuelles ». « Ces garanties seront inscrites dans le projet de loi » conclue la lettre.

Il y a deux choses à retenir de cette lettre. Tout d’abord que le système à point que le gouvernement présente comme une avancée égalitaire pour tous les travailleurs ne l’est pas. Castaner explique qu’il y aura des garanties pour que les pensions des forces de répressions ne baissent pas. Le système de retraite à point va donc bel et bien faire baisser les retraites. Et cette baisse ne s’appliquera pas aux policiers. Les forces de répression ne sont pas convaincues malgré tout par cette lettre.

Deuxièmement, le gouvernement veut éviter de perdre UN pilier essentielle de la macronie. Comme on l’a vu déjà Castaner a déjà sorti le porte-feuille pour augmenter les salaires net des policiers (entre 120 et 150 euros de plus par mois). Il a également annoncé le paiement des heures supplémentaires qui s’élèvent à un total de 50 millions d’euros. De plus, les moyens alloués à la police et à la gendarmerie vont augmenter de 525 millions d’euros en 2020. Le gouvernement donne donc des moyens supplémentaires pour mieux réprimer les mouvements sociaux.

Les forces de répression ont interpellé plus de 100 personne jeudi 5 décembre, rien qu’à Paris. Ils vont sans doute être une fois de plus récompensés de leur zèle à matraquer, gazer, mutiler, voir même tuer. Loin d’être dans notre camp face à la réforme des retraites, les forces de répression sur-déployées dans tout le pays pour cette journée de grève vont sans doute réprimer à tour de bras et ce pour le compte du gouvernement Macron et de fait pour empêcher toute contestation contre la réforme des retraites. Une retraite digne pour avoir réprimé les mouvements sociaux voilà ce que réclament les forces de répression.




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