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Politique

From Barcelone with poigne

Réforme des retraites. Depuis l’Espagne, Macron adresse une nouvelle provocation aux grévistes

En visite à Barcelone ce 19 janvier, le président de la République a martelé sa volonté de mener à bien son offensive contre nos retraites. Jugeant que les « choix démocratiques avaient été faits » au moment de l’élection présidentielle, le président de la République promet un bras de fer, adressant sur fond de mobilisation, une nouvelle provocation aux grévistes.

jeudi 19 janvier

Crédit photo : Reuters

From Barcelone with poigne. Interrogé sur la première journée de manifestation et de grève organisée ce jeudi à travers tout le pays pour protester contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron, en visite en Espagne, a réaffirmé sa volonté d’aller jusqu’au bout de son projet.

« Dans une démocratie, il y a des règles et un bon fonctionnement. Il faut que les choses soient dites au moment où les choix démocratiques sont faits. Et à la présidentielle qui s’est tenue somme toute il y a quelques mois, et aux élections législatives, les choses ont été dites clairement » a-t-il expliqué faisant allusion à sa « promesse » de campagne de réformer les retraites et de repousser l’âge de départ à 65 ans.

Et Emmanuel Macron d’ajouter : « [c’est une] réforme qui a été démocratiquement présentée, qui a été validée, qui est juste et responsable. » avant de conclure. « La réforme se fera ». Tout juste concède-t-il sur la forme qu’il faudra un « esprit de dialogue mais avec responsabilité ».

Autrement dit, ni l’hostilité très importante de la population à la réforme du gouvernement, ni la mobilisation d’ampleur de ce jeudi ne sont de nature, selon lui-même, à faire changer de braquet le président de la République. Cela, se justifie-t-on du côté de la macronie, parce que le chef de l’Etat aurait reçu mandat (en remportant les élections) pour mener à bien son offensive contre les retraites.

Sans surprise, le chef de l’Etat répond donc par le mépris à la colère sociale. En escapade hors de France, le chef de l’Etat a décidé de faire de son élection par défaut le justificatif d’une réforme que trois quarts de la population française condamne, quand bien même il ne peut compter pour faire avaler son projet mortifère que sur un quarteron de députés LR prêts à voter des deux mains ses mesures.

Par-delà les éléments de discours et les postures, voilà en tous cas la fébrilité du gouvernement sous le feu des projecteurs. Après avoir un temps tenté de convaincre les Français de la nécessité de sa réforme et mis en scène sa volonté de dialogue (notamment avec les syndicats), Emmanuel Macron semble s’être résolu à la perte de la bataille de l’opinion publique. « Mais je suis président de la République » dit-il. Rappeler à tous sa fonction de président de la République : on aura connu, face à la colère de la rue et du monde du travail, argument plus convaincant.

Cette déclaration aura au moins le mériter de rappeler une réalité essentielle. Cette première journée de grève et de mobilisations massives a lancé la bataille pour les retraites. Pour la remporter, la colère qui s’est très largement exprimée a plus que jamais besoin d’un plan pour s’organiser et s’amplifier. Le cas échéant Macron pourrait très rapidement ravaler ses provocations et avec elles, la réforme des retraites.



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