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Politique

Offensive antisociale

Réforme des retraites. Même affaibli, le gouvernement déterminé à nous faire la guerre

Dans une interview sur France Inter, Elisabeth Borne, a annoncé que la réforme des retraites pourrait très rapidement revenir à l’ordre du jour des priorités gouvernementales, juste après celle de l’assurance-chômage. Une manière pour l’exécutif de relancer le train des attaques sociales et de donner des gages au patronat, tout en étalant le calendrier des réformes pour tenter d’éviter d’attiser la colère des classes populaires, alors que l’automne s’annonce particulièrement chaud

jeudi 1er septembre

Crise climatique, crise économique, guerre en Ukraine : pour le premier conseil des ministres suivant les vacances, le chef de l’Etat avait donné le ton. Ce sera aux classes populaires de payer le prix. Ce jeudi, Elisabeth Borne est monté dans le train en marche.

Interviewée par Léa Salamé, sur le plateau de France Inter, sur la question de la réforme des retraites, projet phare du gouvernement Macron depuis 2017, et grande absente du séminaire gouvernemental de ce mercredi, la première ministre s’est empressée de répondre que « bien évidemment » celle-ci était toujours à l’ordre du jour, avant de conclure, c’est « un enjeu très important ».

Dans cette perspective, des discussions sur les retraites devraient être lancées après l’inauguration, le 8 septembre, du Conseil national de la refondation. Une manière de remettre sur la table l’un des principaux chevaux de bataille du premier quinquennat, tout en restant flou sur les modalités alors que le président de la République n’a pas la légitimité pour assumer un affrontement ouvert avec le monde du travail.

Quoi qu’il en soit, pour le gouvernement la rentrée s’annonce chargée. Après La réforme du RSA, annoncée pendant les présidentielles et confirmée à l’été, celle de l’assurance-chômage, récemment mentionnée durant l’université du MEDEF, dont le président Geoffroy Roux de Bézieux a exigé auprès du gouvernement qu’il la « prenne en main », et que l’exécutif réfléchirait à faire passer par le conseil d’Etat … et par décret, c’est une nouvelle attaque d’ampleur qui pourrait concerner les travailleurs.

Pour le gouvernement, l’objectif est clair : alors que la crise politique est toujours là, Macron cherche à reconstituer une union derrière le Medef qui vise en premier lieu à conjurer le risque social. En arrière-plan, il s’agit aussi de continuer à donner des gages sur sa droite pour ne pas céder à l’immobilisme. Mais face à une opposition revivifiée, la démarche a des airs de vœux pieux, comme l’illustre le refus de la part de LFI, du RN, tout récemment d’EELV et surtout de LR de participer au Conseil National de la Refondation sensé se tenir le 8 septembre.

Un jeu d’équilibriste qui pourrait rapidement se transformer en violent retour de bâton. Si les directions syndicales, une fois de plus, manquent à l’appel, ce n’est pas la colère qui manque, ni les raisons de se mobiliser. En France, comme en Europe, la crise économique s’aggrave, et on voit surgir des grèves très importantes dans de nombreux pays, à l’image des travailleurs du Royaume-Uni cet été ou celle des dockers en Allemagne. En d’autres termes, la possibilité que la France se mette à l’heure anglaise est une idée que la macronie ne devrait pas prendre à la légère.



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