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Politique

Les mouvements du tripartisme

Régionales. Droite et FN au coude-à-coude, le PS aux abois

Un récent sondage TNS-Sofres donne le FN et la droite (LR-UDI-Modem) au coude-à-coude, respectivement à 28% et 27%. Le PS traine à 21%, malgré l’opération de reconquête de l’électorat populaire lancée par Hollande lui-même. Et comme souvent, c’est la question du second tour et du « front républicain » qui polarise les débats.

vendredi 30 octobre 2015

Selon ce sondage, la répartition qui se dessinerait dans le tripartisme laisserait la droite à un point derrière le FN, mais bien devant le PS. Un état de fait qui met la pression sur « Les Républicains », qui ont annoncé par la bouche de Sarko qu’ils ne feraient pas de « front républicain » avec le PS, contrairement aux attentes de celui-ci, exprimées notamment par Cambadélis (on avait déjà pu en voir une préfiguration avec sa lettre à Sarko pour saisir le CSA à propos de l’apparition du FN sur France 2 ). « Ni rapprochement, ni front républicain » a déclaré le patron de LR depuis Moscou. « Sectarisme » lui répond le socialiste Jean-Marie Le Guen, sous-ministre en charge des rapports avec le parlement.

Mais ce n’est pas le PS au pouvoir qui est en capacité de dicter les termes de ce que les « partis républicains » devraient faire au soir du premier tour. Premièrement, il semble qu’il se retrouvera bien plus souvent à la troisième place que la droite au second tour. De plus, alors que LR a réussi à homogénéiser la droite, la gauche, elle, est divisée en plusieurs listes, qui additionnées représenteraient 37% des voix, toujours selon le même sondage. Enfin, le PS paye, classiquement, le prix d’être au gouvernement. Bien loin de la vague rose de 2010, où il avait raflé 21 régions sur 22…

Pour jouer sur ce troisième levier, celui du « bilan positif du gouvernement », c’est le président lui-même qui s’y colle, ce qui pourrait également lui servir de marchepied pour 2017. Pour l’instant, de ce côté-là non plus, ce n’est pas une réussite. Après le bain de foule raté à la Courneuve, il fallait redresser la barre. La visite de Valls aux Mureaux, même s’il ne s’est pas fait huer, n’a pas fait contrepoids non plus. C’est sur la Lorraine que comptait Hollande pour lancer une opération reconquête. Reconquête de l’électorat populaire, d’une image de président(iable) proche des gens et qui agit. La visite surprise dans le quartier de Vandœuvre-Lès-Nancy est donc bien tombée. Bains de foule, selfies, café chez l’habitant et poignées de mains chaleureuses, tout a été orchestré par les communicants de l’Elysée pour rattraper le ratage de la semaine dernière. Dans ce quartier récemment reconstruit, le thème de la rénovation urbaine, comme aux Mureaux, était répété en boucle. La soi-disant baisse du chômage aussi. Enfin, le thème du barrage au FN, comme on l’a vu, venait couronner le tout. Non sans contradiction d’ailleurs, car mal placé pour s’élever contre « ceux qui veulent élever de nouvelles lignes Maginot » : Hollande et son gouvernement viennent tout juste de rétablir le contrôle aux frontières pour éviter une Conférence Climat avec trop de militants étrangers qui seraient refoulés à leur entrée sur le territoire.

Le FN, lui, est en confiance, comme en témoignent les dernières déclarations de Marine Le Pen, tête de liste et donnée première dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, proposant à Valls de débattre, après ses déclarations visant à tout faire pour contrer le FN. Chez les jeunes sondés, entre 18 et 24 ans, 31% voteraient FN au premier tour, soit plus que la moyenne nationale.

Une hausse que les visites médiatisées de Hollande, mais surtout la politique d’austérité du gouvernement PS-MEDEF-CFDT, ne sont pas capables de freiner.




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