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Régionales en IDF : Jospin, roi de la privatisation, soutient l’union de la « gauche »

Lionel Jospin, ancien premier ministre sous le gouvernement Chirac, vient d’appeler à voter pour Bayou et son alliance de gauche avec LFI et le PS au second tour des élections régionales. Pour une liste qui prétendait s'opposer à l'ouverture à la concurrence, être soutenu par le principal architecte de la casse des services publics est un comble... révélateur.

jeudi 24 juin

Crédit photo : Archives Patrick Kovarik / AFP

Alors que Jean-Paul Huchon vient d’annoncer son vote pour Valérie Pécresse, Lionel Jospin lui a pris position en soutien à l’union de la gauche en Ile-de-France. La liste réunit Julien Bayou d’EELV, Clémentine Autain de LFI, qui s’était allié au PCF pour le premier tour, et Audrey Pulvar du PS. Comme dans bon nombre de régions, cette union arrive après une abstention record (de 69,15%), symptomatique de la crise politique qui traverse le pays et du désespoir de l’électorat envers la politique institutionnelle.

D’après Clémentine Autain, cette alliance a lieu « pour l’emporter face à la droite  » de Valérie Pécresse, qui a obtenu 35,94 % des voies au premier tour. Pourtant, Jean-Luc Mélenchon expliquait il y a un mois pourquoi il ne croyait plus à l’union de la gauche, qualifiant EELV de «  capitalisme vert  » ou encore le PS de «  social libéral, promis à une extinction plus ou moins rapide  ». C’est pourtant un ponte du PS qui vient apporter son soutien à la liste.

Lionel Jospin, ou l’homme politique qui a le plus privatisé sous son mandat

Lionel Jospin, l’une des plus célèbres figures du Parti Socialiste, a été Premier Ministre sous la présidence de Chirac, soit de 1997 à 2002. Pourtant, c’est sous son mandat que le gouvernement va le plus privatiser d’entreprises publiques. Parmi elles, on note par exemple le Crédit Lyonnais, la CNP ou GAN.

A cela s’ajoute les différentes et nombreuses ouvertures de capital, où l’État reste majoritaire dans la détention de l’entreprise (dans le cas d’une privatisation, il passe en-dessous des 50 % des parts). Ainsi, durant ces cinq ans, le gouvernement Jospin va ouvrir le capital de différents services publics tels que France Telecom, Air France ou les Autoroutes du Sud entre autres – qui deviendront rapidement privatisées, l’ouverture du capital n’étant qu’une prémisse à la privatisation.

En 1998, Le Monde s’étonnait même que "Lionel Jospin privatise plus qu’Alain Juppé". C’est aussi lui qui initiait la « police de proximité  », et qui rétorquait aux ouvriers menacés de licenciements que « L’État ne peut pas tout » et que « si à chaque fois qu’il y a un plan social, on doit nationaliser... ». Des propos scandaleux, qui seront les prémisses de sa défaite aux présidentielles de 2002 et du second tour Chirac - Le Pen.

Une liste à l’image de ses soutiens : opposée aux intérêts des travailleurs

Le Parti Socialiste, n’a donc cessé de montrer son caractère impopulaire. Que ça soit historiquement, avec le mandat de Lionel Jospin, ou avec plus tôt encore la présidence de Mitterand marquée par une politique d’austérité et d’attaques contre les travailleurs, avec notamment l’abrogation de l’échelle mobile des salaires. Plus récemment encore, le quinquennat Hollande nous l’a rappelé. En effet celui-ci a été l’élaborateur de la loi Travail passée à coup de 49.3 et dont la contestation a été largement réprimée, de la loi Macron, et c’est lui qui a mis en place l’État d’urgence ou encore le débat sur la déchéance de nationalité. Aujourd’hui, Audrey Pulvar défend les réunions non-mixtes, qualifiait la manifestation des policiers de « glaçante » ; pour autant, elle est adjointe à la Mairie de Paris auprès d’Anne Hidalgo qui manifestait aux côtés de ces policiers, qualifiait les réunions non-mixtes de « dangereuses », ou encore défendait l’article 24 de la Loi Sécurité Globale et la loi séparatisme. Difficile, donc, de croire à une prétendue lutte contre la privatisation des services publics ou la surenchère liberticide et raciste en cours que brandit Clémentine Autain…

EELV s’est adapté elle aussi aux thématiques de la droite et de l’extrême-droite sur les questions sécuritaires et islamophobes. Après que Yannick Jadot ait participé à l’Université d’été du MEDEF, EELV a participé également à la manifestation appelée par les syndicats de policiers, et la mairie de Bordeaux EELV qui se veut «  de gauche  » et «  progressiste  » est en ce moment-même en train d’expulser des squats dans la métropole de Bordeaux, qui abritent une majorité d’enfants, dans le but de laisser construire des centres commerciaux et logements de luxes, participant grandement à la gentrification de l’agglomération.

Nombreux sont celles et eux qui défendent ces alliances via l’argument «  localiste  », estimant que « ce ne sont que les régionales  », et que « chacun va rentrer chez soi pour les présidentielles » – sous entendu, ces unions ne représentent que quelques compromis mais pourraient changer les choses à une échelle locale.

Pourtant qu’est-ce que les travailleurs peuvent avoir à attendre d’une telle union, même locale ? Des partis sociaux-libéraux qui privatisent, précarisent, répriment et font payer les crises économiques et écologiques aux travailleurs ? De partis « de gauche » qui sont prêts à transiger sur leur programme avec les partis social-libéraux pour quelques sièges dans des instances ?

Avec Révolution Permanente, nous refusons toute « union de la gauche » avec ceux qui se compromettent avec l’exploitation et l’oppression de notre classe. Ces fausses alternatives n’ont rien à offrir à notre camp social, qui a de fait majoritairement rejeté ces élections comme en témoignent les chiffres records du taux d’abstention. Tout ce que ces alliances promettent sont des années de plus de gestion capitaliste des crises en cours et à venir, et aucune sortie par le haut pour les travailleurs.

C’est pourquoi, après avoir appelé à voter pour Lutte Ouvrière au premier tour, seule liste d’indépendance de classe à présenter un programme pour notre classe, nous n’appellerons donc à voter pour aucune liste au second tour, car aucune ne propose d’alternative en notre faveur.

Loin des illusions électoralistes, la réponse face à la crise économique et écologique, à l’offensive sécuritaire et raciste et à la montée de l’extrême-droite ne viendra que de notre camp social par la lutte des classes, que ça soit dans la rue, par la grève ou l’auto-organisation. C’est en ce sens que nous appelons à la construction d’un parti révolutionnaire des travailleurs qui puisse incarner un véritable programme anticapitaliste et ouvrier en toute indépendance de l’État et de ses institutions




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