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Notre classe

Non aux licenciements chez Renault

Renault. La bataille contre les licenciements à MCA-Maubeuge est gagnée, pas la guerre contre les 15 000 suppressions de poste

Après l’annonce du plan de licenciements présenté par Renault, les travailleurs du site de Maubeuge se sont mis en grève et ont bloqué l’usine. Si Bruno Le Maire a pour le moment sauvé le site, il a aussi validé les 4 600 licenciements en France : la lutte doit se poursuivre !

mercredi 3 juin

Crédit photo : FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le site de MCA Maubeuge est sauvé mais le gouvernement acte la suppression de 4600 emplois

Le plan de licenciements massifs annoncé par Renault ce vendredi, laisse les travailleurs, dans la crainte de se retrouver au chômage en pleine crise économique. Ce sont, en effet, 15 000 emplois qui vont être détruits à l’échelle du groupe dont 4 600 en France. À la clef, de nombreux sites industriels sont mis en concurrence pour maintenir non pas les emplois mais bien la production. C’était le cas de Maubeuge et de Douai, mis en concurrence pour savoir si le premier continuera à produire les véhicules Kangoo ou si l’activité sera transférée sur le second pour fermer le site et licencier une partie des salariés. La direction du groupe envisage en effet de créer un « pôle d’excellence électrique » entre ce site avec 2 400 salariés et celui de Douai, distant de 70 kilomètres, une usine qui en compte elle 2900. L’idée présentée par le PDG serait donc d’assembler les deux sites afin de bénéficier d’un plus gros volume de production, de gains de productivité et de profits, tout en profitant de la fusion pour licencier massivement.

En réponse, 8.000 personnes ont manifesté samedi du parking du site de Maubeuge au centre-ville pour dire non aux licenciements. Ce mardi une rencontre était organisée par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avec les élus locaux, les représentants syndicaux et le président de Renault, Jean-Dominique Senard. Les élus et représentants des salariés ont rappelé la promesse que le président a faite sur le maintien des emplois lors de sa visite il y a 18 mois.Prétextant d’honorer la promesse présidentielle pour se donner le beau rôle de protecteur des salariés, Bruno Le Maire a conditionné le prêt de 5 milliards d’euros pour soutenir les profits du groupe, au maintien des emplois à Maubeuge jusqu’en 2023 avec, potentiellement, une nouvelle voiture à produire. Toutefois, aucune garantie concrète n’a encore été donnée aux salariés de Renault MCA-Maubeuge car le plan de licenciements reste encore à négocier par l’intermédiaire du « dialogue social ». En réalité la suppression des 15 000 postes chez Renault n’a aucunement été contestée par le gouvernement et alors que le ministre de l’économie marche main dans la main avec Senard, le site de Choisy-le-Roy est directement menacé. Son activité doit être transférée vers le site de Flins. Ainsi, ce 2 juin, plus de 200 ouvriers de Renault Choisy ont totalement bloqué l’usine. En maintenant l’emploi à Maubeuge, Bruno Le Maire essaie de faire passer la pilule des licenciements massifs et loin de contester il approuve et donne son soutien au plan de suppression de plusieurs milliers de postes chez Renault en France et dans le monde.

La nécessité d’une unité des salariés de toutes les usines contre les plans du patronat

Les salariés de MCA-Maubeuge peuvent ainsi jouir du maintien de leurs emploi mais aucune garantie dans la durée n’est donnée et d’autres sites restent menacés. Ce doit être le début d’un mouvement d’ensemble, coordonné contre les fermetures d’usines et les licenciements. Renault prépare un massacre et il faut préparer la riposte de la classe ouvrière. Il faut dénoncer clairement et refuser le jeu de division des sites que tente d’imposer le PDG de Renault par la mise en concurrence de ceux-ci par le biais d’un transfert de production. Malgré le soulagement des usines menacées qui ne fermeront pas (Flins, Dieppe, Fonderie de Bretagne ), la lutte doit continuer. Le patronat cherche à diviser pour mieux dominer. Contre le plan de compétitivité défendu par Jean-Dominique Sénard, une riposte ouvrière unie et étendue est nécessaire pour défendre les intérêts des travailleurs qui font tourner les usines et la société.
Alors que ce plan de licenciements sonne comme une annonce des attaques à venir, la lutte ne pourra pas se mener usine par usine, ni même à échelle simplement du groupe. Pour maintenir cette unité, il est urgent d’en finir avec le dialogue social et pour cela il est également indispensable de voir fleurir dans l’ensemble des usines Renault des assemblées générales regroupant l’ensemble des travailleurs, syndiqués ou non, pour qu’ils puissent s’accorder démocratiquement sur l’ensemble des décisions relatives à la grève. Tous les travailleurs de l’automobile doivent pouvoir lutter côte à côté, se coordonner.




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