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Soutien aux grévistes !

« Renault fait des économies sur notre dos » : grève du nettoyage au Technocentre pour les salaires

Depuis le 25 avril, une grève a été lancé chez les travailleurs du nettoyage au Technocentre de Renault Guyancourt. Face à une direction refusant d’accéder aux revendications des salariés et qui réprime le mouvement, la grève se poursuit pour exiger le paiement des salaires à 100 %.

mercredi 11 mai

Crédit photo : KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Depuis plusieurs semaines la majorité des 130 salariés de la société de nettoyage de sous-traitance PEI – qui emploie les nettoyeurs du Technocentre de Renault Guyancourt- se sont mis en grève. Il proteste contre la volonté de leur direction, et celle de Renault, d’obliger les salariés à se mettre en télétravail au moins une fois par semaine, ainsi que de fermer le centre le vendredi afin de réaliser des économies sur leurs dos. De plus, les travailleurs réclament la fin du chômage auquel ils sont soumis depuis deux ans qui permet à PEI de ne payer les salaires qu’à hauteur de 75 %, alors même que ces derniers atteignent à peine le smic lorsqu’ils sont à 100 %.

En effet ce dispositif diminuerait les salaires de plusieurs employés de 200 et 300 euros par mois comme l’explique Mohamed El Houl délégué FO à PEI au Figaro « Ils nous disent qu’il n’y a plus beaucoup de monde chez Renault avec le télétravail et que du coup il y a moins besoin de nettoyage, mais la superficie ne change pas, on nettoie toujours la même surface ». Mathieu Golinelli, délégué syndical CGT du site explique quant à lui qu’il y a « une volonté de la direction de faire des économies en fermant progressivement le vendredi ».

En réaction aux débrayages, les directions de Renault et PEI avaient d’abord annoncé le paiement de leur prochain vendredi et des heures de grèves, avant de refuser les autres revendications poussant les grévistes à relancer le mouvement le 3 mai.

Cependant, avant même le retour de la grève, les directions des deux entreprises ont mis en place une répression scandaleuse et parfaitement illégale du mouvement en interdisant l’accès au site pour les grévistes en désactivant leurs badges. Le lendemain, des agents de sécurité employés par Renaud empêchaient l’accès au site. Une manière d’invisibiliser la grève et d’isoler les travailleurs en lutte du reste des salariés.

Les mesures prisent par la direction de Renault s’inscrivent en réalité dans le plan de restructuration du constructeur automobile pour faire face aux pertes historiques suite à la pandémie
Concrètement des milliers d’emploi ont été supprimé et de nombreuses attaques sur les conditions de travail, justifiées à coup de Greenwashing ont vu le jour. C’est ici notamment le cas avec le développement du télétravail. La poursuite de ces attaques prouve une fois encore que le patronat est résolu à faire payer la crise aux travailleurs.

Cependant l’épidémie de grèves pour les salaires depuis septembre dernier montre bien que les travailleurs ne se laissent pas faire et sont prêts à se mobiliser pour leur condition de travail.

Mais pour que ces mobilisations triomphent il y a la nécessité qu’émerge une véritable stratégie. Un plan de bataille qui unifie et permette de généraliser les mobilisations, qui rompt avec la routine des directions syndicales dérivant entre passivité et dialogue social. Une stratégie qui permettrait d’allier syndiqués et non syndiqués, travailleurs du public et du privé, avec ou sans papiers, sur un principe d’auto-organisation des grévistes. C’est la seule façon de construire un rapport de force capable de d’aller jusqu’au bout des revendications.



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