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Guerre en Ukraine

Rencontre Biden - Xi Jiping : mises en garde mutuelles et appel à travailler pour « la paix »

Vendredi 18 mars, Joe Biden et Xi Jinping se sont entretenus lors d’une visioconférence d’environ deux heures au sujet de la guerre en Ukraine. La rencontre s’est conclue sur des mises en garde mutuelles : Joe Biden a menacé la Chine de représailles en cas d’aide directe à la Russie, tandis que Xi Jinping a affirmé que la guerre actuelle montre que « les relations entre Etats ne doivent pas en arriver au stade de la confrontation ». Sans nouveauté, Xi Jinping s’est positionné comme le porte-drapeau de la "paix mondiale".

lundi 21 mars

Joe Biden et Xi Jinping ont échangé vendredi lors d’une visioconférence de près de deux heures au cours desquelles le président américain a menacé la Chine de représailles si celle-ci venait à soutenir activement la Russie, en référence aux rumeurs émanant de fonctionnaires américains suspectant une éventuelle aide militaire chinoise à la Russie. De son côté, Xi Jinping, qui n’a jamais remis en cause l’invasion russe mais nie tout soutien direct, a profité de la conversation pour se positionner comme le leader d’une puissance à égalité avec les Etats-Unis, appelant à la "paix".

Il a ainsi averti Joe Biden sur le fait que les relations entre les deux États ne devaient pas se détériorer au point d’atteindre un « niveau de confrontation », tout en ajoutant : qu’ « en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et en tant que deux plus grandes économies du monde, nous devrions non seulement orienter les relations entre les États-Unis et la Chine dans la bonne direction, mais aussi assumer nos responsabilités internationales et faire des efforts pour la paix et la stabilité mondiales ».

Le président chinois a également exhorté Joe Biden à « travailler ensemble pour la paix dans le monde » et a déclaré que la crise en Ukraine est une situation à laquelle « ils n’auraient pas voulu assister », selon une transcription préliminaire de l’agence de presse officielle Xinhua à la suite de leur rencontre, la première entre les deux dirigeants depuis novembre dernier.

« La Chine et les États-Unis doivent non seulement mener leurs relations sur la bonne voie, mais aussi partager leurs responsabilités internationales et œuvrer pour la tranquillité et la stabilité mondiales », a notamment déclaré Xi Jinping.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a assuré avant le début de l’appel que Joe Biden allait « indiquer clairement à la Chine qu’elle devra assumer la responsabilité de toute action qu’elle entreprendrait pour soutenir l’agression de la Russie, et que [les Etats-Unis] n’hésiteront pas à lui en faire payer le coût ». Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré aux journalistes que cet appel était l’occasion pour Joe Biden de voir « où en était le président Xi ».

Dimanche, des responsables américains ont transmis au New York Times des informations selon lesquelles la Russie aurait demandé à la Chine un soutien militaire direct en Ukraine. Toutefois, les responsables chinois ont immédiatement démenti cette allégation. Quelques heures plus tard, l’ambassadeur de Chine aux Etats-Unis a en effet déclaré au Washington Post que la Chine soutenait les pourparlers en faveur de la paix et en vue de mettre fin au conflit, sans toutefois condamner l’attaque réactionnaire de la Russie.

Une position que le président Xi Jinping a réitérée vendredi, sans condamner l’attaque et en appelant à travailler pour la paix, en essayant d’éviter que le conflit ne l’affecte à un moment où il fait face en interne à une résurgence du coronavirus et à fermeture de villes importantes -dont le centre industriel de Shenzhen- et de certains ports, ainsi qu’à divers problèmes économiques.

En ce qui concerne les rumeurs en provenance de Washington, l’analyste en politique internationale James Palmer a noté que « les chances que la Chine fournisse un soutien militaire direct à la Russie semblent encore faibles, pour plusieurs raisons. La Chine doit déjà faire face à deux crises : la première autour du variant Omicron ainsi que l’instabilité économique. En imaginer une troisième serait de trop ». Au cours de cette conversation, Xi Jinping a réaffirmé sa position en faveur du dialogue pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

La volonté annoncée de la Chine de jouer les intermédiaires dans un cessez-le-feu en Ukraine et le conseil de Xi à Poutine de résoudre la guerre en Ukraine par des « négociations équilibrées » démontrent le souci constant de Pékin d’assurer sa stabilité en cette année décisive pour le gouvernement central. Fin 2022, Xi cherchera à obtenir un troisième mandat lors du 20ème Congrès du Parti communiste, ce qui signifie des mois de préparation et de discipline dans les rangs de la bureaucratie bonapartiste aux niveaux municipal et provincial. La hausse des prix des matières premières, l’augmentation de l’inflation et le risque alimentaire en Chine pourraient générer des bouleversements sociaux qui compromettraient les préparatifs de l’apogée de Xi Jinping en novembre.



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