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Rencontre Di Maio-Chalençon : Macron joue l’ingérence étrangère pour teinter les Gilets Jaunes de brun

C'est un coup à plusieurs bandes. D'un côté, la manœuvre illégitime de Chalençon, auto-proclamé « leader » de Gilets Jaunes et qui a rencontré le vice-Premier ministre italien Luigi di Maio ce 4 février. De l'autre, Macron, dans une instrumentalisation totale, qui cherche à redonner corps à sa théorie de l'ingérence étrangère.

jeudi 7 février

Crédits photo : LCI

Point de départ : l’initiative de l’auto-proclamé Chalençon, parti rencontrer le vice-Premier ministre italien d’extrême droite Luigi di Maio

Christophe Chalençon ne manque pas d’imagination pour tenter de s’accaparer le rôle de « leader » du mouvement des Gilets Jaunes. Lié à Benjamin Cauchy et au parti Debout la France de Dupont-Aignant, ce vauclusien s’était distingué le 23 décembre dernier, en publiant une vidéo où il demandait l’intervention de l’armée. Présent sur la très contestée liste Gilets Jaunes aux européennes d’Ingrid Levavasseur, Chalençon s’est à nouveau distingué, avec d’autres « gilets jaunes » de la liste auto-proclamée « RIC » en rendant visite au vice-premier ministre italien Luigi di Maio du M5S ce mardi 4 février.

Comme à son habitude, Chalençon se présente comme une sorte de « porte-parole » du mouvement, totalement auto-proclamé, et cherche à imprimer « par en haut » un tournant des plus droitiers au mouvement. Une démarche totalement illégitime, qui cherche à converger avec le phénomène populiste italien qui a porté l’extrême droite au pouvoir, en s’appuyant sur la liste tout aussi illégitime de Gilets Jaunes aux européennes.

Après la Russie, l’Italie ? Macron va jusqu’à risquer l’incident diplomatique pour chercher à déligitimer les Gilets Jaunes

Du côté de Macron, l’opération récupération de Chalençon est vue comme une occasion sur deux plans différents : d’un côté, délégitimer l’ensemble du mouvement des Gilets Jaunes en ravivant l’écran de fumée d’une prétendue « ingérence étrangère » ; de l’autre, s’opposer frontalement à un Salvini qui se pose lui-même en principal adversaire de Macron dans le cadre des élections européennes. C’est-à-dire rejouer la méthode qui a fonctionné lors de l’élection présidentielle, en proposant une opposition entre soi-disant progressistes et projet réactionnaire d’extrême droite.

Pour ce faire, Emmanuel Macron est allé très loin. Dès le 5 février, le Quai d’Orsay a dénoncé une « nouvelle provocation [...] pas acceptable entre pays voisins et partenaires au sein de l’Union européenne ». Mais ça ne s’arrête pas là. Ce jeudi 7 février, le ministère des affaires étrangères a tout simplement décidé de rapatrier son ambassadeur en Italie, ouvrant de fait une crise diplomatique entre deux pays impérialistes européens.

Dans un communiqué, Salvini a cherché à jouer la carte de l’apaisement : « Nous ne voulons nous fâcher avec personne, les polémiques ne nous intéressent pas : nous sommes des gens concrets et nous défendons les intérêts des Italiens. […] Nous sommes tout à fait disposés à rencontrer le président (français Emmanuel) Macron et le gouvernement français, à nous asseoir autour d’une table. […] Nous sommes prêts et disponibles, dans un esprit constructif, à tourner la page pour le bien de notre peuple. » Une position qui tranche avec les déclarations des responsables italiens suite à la rencontre avec Chalençon, cherchant à amalgamer le mouvement des Gilets Jaunes avec le phénomène populiste qui a porté Salvini au pouvoir, parlant de « vent qui a franchi les Alpes ».

Chalençon hors de nos rangs !

Face à ces nouvelles manipulations, il est indispensable que le mouvement des Gilets Jaunes dénonce tout autant les manœuvres de Chalençon que les mensonges de Macron.

Ainsi, Christophe Chalençon doit être dénoncé comme ce qu’il est, un porte-parole auto-proclamé d’extrême droite, cherchant à tirer profit de sa position pour capitaliser politiquement sur le mouvement des Gilets Jaunes. Quant à la position d’Emmanuel Macron, qui a intensifié son tournant autoritaire, elle tient presque du ridicule. Non, le mouvement des Gilets Jaunes n’est ni un coup fomenté par le Kremlin, ni une ingérence italienne.




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