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Renforts de police à Montpellier : « dès que je sors, je vois des policiers armés de fusils mitrailleurs »

Gérald Darmanin et Emmanuel Macron accordent des renforts de police à la ville de Montpellier suite à la demande du maire PS Michaël Delafosse. Des mesures qui s’inscrivent clairement dans une politique d’offensive sécuritaire et raciste tandis qu’aucun financement supplémentaire n’est accordé à l’hôpital public ni aux écoles.

mercredi 14 septembre

Illustration de véhicules de CRS. — L.VENANCE / AFP

En 2020, le maire de Montpellier Michaël Delafosse ainsi que 8 parlementaires adressaient un courrier à Gérald Darmanin pour demander un renforcement des forces de police à Montpellier. Le 19 avril 2021, Emmanuel Macron, en déplacement à Montpellier, promet de tenir ses engagements de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur son mandat, et annonce que 50 policiers viendront renforcer les rangs montpelliérains d’ici à 2022. « Contre la drogue et la délinquance », sujet de prédilection de Gérald Darmanin, qui annonçait au mois d’août dernier le déploiement de 160 agents de force de l’ordre à Montpellier et Béziers.

En effet, depuis fin août, la présence quotidienne des CRS en centre ville est largement remarquée et choque un certain nombre de personnes. Milo, étudiant à l’Université Paul Valéry, témoigne à notre micro : « à chaque fois que je sors en centre-ville, je vois des policiers armés de fusils mitrailleurs. C’est soi-disant pour la sécurité mais moi ça me fait pas me sentir tranquille, ça installe un climat hyper menaçant de voir des patrouilles en gilet pare-balles et armes de guerre. »

Ces patrouilles principalement situées dans l’Écusson (le centre ville historique) et le quartier Plan Cabanes — un quartier historiquement populaire —, mettent en exergue le racisme de l’idéologie sécuritaire. A Montpellier, les quartiers de Plan Cabanes et Figuerolles sont particulièrement visés par la mairie, qui harcèle les habitants précaires et fait de la place pour la certification du quartier.

Les élus locaux revendiquent régulièrement les interventions de la police municipale, elle aussi toute fière d’annoncer les chiffres de son offensive contre le quartier Plan Cabanes/Gambetta sur Twitter.

Le renforcement des agents mobiles provoque un plus grand nombre d’interpellations, souvent synonyme de contrôles aux faciès et de violences policières, légitimés par l’État depuis le passage de sa loi « sécurité globale »..

Nous dénoncions déjà cette politique sécuritaire dans un article précédent : « À Montpellier, la municipalité de gauche et Darmanin main dans la main pour mener l’offensive sécuritaire ». Ce renforcement de la police à Montpellier s’inscrit dans un projet politique sécuritaire porté par le maire soi-disant « de gauche » (Parti Socialiste) Michaël Delafosse, tentant de justifier le discours sécuritaire en déclarant qu’ « on ne peut pas accepter qu’on pourrisse la vie des gens aux pieds des immeubles » ou encore que ces renforts policiers sont « une bonne nouvelle notamment pour lutter contre les rodéos urbains, contre les dealers de rue qui dégradent la vie des habitants ».

Pendant que la priorité de l’État français est de renforcer la police et sa politique sécuritaire qui s’attaque d’abord aux classes populaires et aux personnes racisées, rien n’est fait pour les hôpitaux, les écoles, ni les étudiants subissant une immense précarité depuis la pandémie de Covid-19. Il en va de même pour les soigant.e.s, qui réclament depuis cette même période des renforts pour pouvoir exercer convenablement leurs métiers dans cette période de crise sanitaire. Rien ne leur à été accordé. Nous pouvons faire le même constat pour l’Education nationale et l’enseignement supérieur qui manquent eux aussi d’effectifs dès la rentrée. Autant de raisons qui nous montrent encore une fois la nécessité de se mobiliser contre le gouvernement raciste, autoritaire et anti-ouvrier de Macron.



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