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#JEDIS COLERE

Rennes. Rassemblement au centre hospitalier de Guillaume Régnier sous la pression policière !

Dans le cadre des « jeudis de la colère », le personnel soignant du centre hospitalier de Guillaume Régnier, situé à Rennes, a organisé un rassemblement pour exprimer leurs revendications face à la situation dans leur hôpital, revendications qu’ils sont allé porter à la direction, et ce sous la menace de la répression policière.

vendredi 5 juin

Les différents rassemblements à échelle nationale organisés par le personnel soignant montrent bien que le « Ségur de la Santé » qui se déroule actuellement ne dupe pas grand monde. Ce jeudi avait lieu le deuxième rassemblement dans le cadre du « Jeudi de la colère » au centre hospitalier de Guillaume Régnier à Rennes, organisé par le personnel soignant de l’établissement et réunissant une quarantaine d’entre eux.

Organisé par SUD et la CGT, le rassemblement a rapidement commencé par la prise de parole de deux délégués, pour rappeler quelles étaient leurs revendications. S’inscrivant dans la dynamique nationale, ils revendiquent l’arrêt de la fermeture des lits dans l’établissement, puisque ce sont 18 lits qui ont été supprimés pendant le confinement par la direction pour raison sanitaire, lits qu’elle n’a pas prévu de rouvrir, s’ajoutant donc aux 38 lits déjà supprimés l’année dernière. Pour assurer la réouverture de ces lits, ils revendiquent également la mise en stage de tous les contractuels de l’établissement, afin de leur permettre d’accéder à la titularisation : « la situation a montré qu’on avait besoin de tous les hospitaliers, contractuels ou titulaires, donc l’hôpital ne peut fonctionner qu’avec tout le monde, donc on titularise aujourd’hui les collègues contractuels ».

Dans les prises de paroles, on sent que la confiance envers le gouvernement semble bien loin d’être gagnée, leurs revendications dépassant de loin les pseudos négociations en cours : « Vous savez qu’il y a un Ségur de la Santé en train de se passer au ministère, ça semble plutôt être une mascarade qu’autre chose, n’attendons pas de ce truc là qu’il en sorte quoi que ce soit (…) la revendication pour nous c’est l’augmentation du point d’indice, et 300 euros d’augmentation pour toutes et tous ! »

Ils sont également revenus sur la « prime covid », exigeant une prime de 1 500 euros pour toutes et tous, le gouvernement étant en train d’agrandir la liste des établissements éligibles à la prime, dont l’établissement ne fait pas encore parti. Et pour ça, il fallait interpeller le directeur pour qu’il porte au ministère l’éligibilité du centre hospitalier à la prime, ce que les manifestants présents au rassemblement sont allés faire.

Effectivement, après les prises de paroles était prévue une visite à la direction, qui se réunissait dans une des annexes de l’établissement, afin d’aller leur porter directement ces revendications. Seulement, et avant même de pouvoir quitter le parvis du rassemblement, deux membres des forces de l’ordre viennent les empêcher de prendre la route, de se déplacer avec leurs drapeaux, sous risque de se prendre une amende de 135€ ! Ils pouvaient se rendre à la direction, mais par petits groupes et sans signe distinctif, et plusieurs camions de police étaient sur place pour s’en assurer. Les « héros » d’hier, maintenant qu’ils veulent se faire entendre, doivent donc le faire sous la menace policière !

Arrivés à l’annexe où se trouvait la direction, et après avoir réussi à faire suspendre la séance de réunion, le personnel hospitalier a confronté sa direction pendant une vingtaine de minutes, et ce toujours sous la pression de cinq camions de police qui filmaient la scène et semblaient se tenir près à intervenir. Après le discours du directeur, qu’on entend souvent, se disant soumis aux directives ministérielles,et « s’engageant » plus ou moins à porter les revendications du personnel, la confrontation se termine, les manifestants devant se disperser sous peine d’amendes.

La colère qui gronde au centre hospitalier de Guillaume Régnier face à la casse de l’hôpital public depuis des années, a assez effrayé la préfecture pour qu’elle envoie ses troupes les menacer dès qu’ils sont sortis de l’hôpital. Alors que le personnel soignant a été érigé en héros pendant toute la crise sanitaire, on cherche à les faire taire dès qu’ils font entendre leurs voix, et qu’ils s’érigent contre leur direction. Cette colère qui va s’incarner dans la journée de mobilisation du 16 juin, que les manifestants présents ce jeudi cherchent à construire, dépasse largement les illusions que cherchent à donner le gouvernement dans le fameux « Ségur de la Santé », dont le syndicat SUD s’est d’ailleurs retiré.

Face à un gouvernement dont la gestion de crise a été criminelle, et face à une direction qui daigne à peine écouter les revendications du personnel hospitalier, seul le rapport de force permettra de répondre à l’urgence de la situation dans les hôpitaux publics, et à faire entendre leurs voix en s’organisant par eux-mêmes !




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