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Sureffectifs, manque de profs : dans l’éducation, une rentrée placée sous le signe de la colère

La semaine de rentrée des classes a été placée sous le signe de la colère des personnels de l'éducation nationale, confrontés aux classes surchargées et aux manques d'enseignants. Dans le 93, mais aussi un peu partout en France, nombreux ont été les établissements en grève. Après une semaine de premiers débrayages, c'est un plan de bataille national qu'il faut construire.

vendredi 9 septembre

Depuis une semaine, la rentrée scolaire se fait dans des conditions particulièrement difficiles, entre manque de personnels et classes surchargées. Sur Twitter, derrière le hashtag #NotreVraieRentrée, de nombreux enseignants ont raconté durant toute la semaine une rentrée marquée par les conséquences de la casse des services publics. Bien loin de la méthode coué pratiquée par le ministre Pap Ndiaye.

Une récente enquête du SNES-FSU vient révéler encore plus l’ampleur de la catastrophe : ce sont en tout plus de 62% des établissements qui manquent d’enseignants. Premiers touchés, les établissements dits d’éducation prioritaires vivent une situation encore plus dramatique avec 83% d’établissements signalant un manque d’enseignants dans l’académie de Créteil ou encore 80 postes manquants en Guyane, sur 12 établissements. Toutefois, les discours sur une pseudo « pénurie » d’enseignants cachent en réalité une politique consciente du gouvernement – et de ses prédécesseurs. Les politiques de casse de l’éducation se caractérisent en effet notamment par une politique de précarisation, largement responsable de la situation actuelle. Il faut rappeler à ce titre que la réforme du concours mené par le gouvernement a eu pour conséquence la réduction du nombre de lauréats et que la « pénurie » d’enseignants sert aujourd’hui à justifier un recours grandissant à la contractualisation. Un moyen de précariser le secteur dans son ensemble.

Une rentrée placée sous le signe de la colère et des mobilisations éparses

Face à cette situation catastrophique nombreux étaient les établissements à se mettre en grève, et ce dès le lundi 5 septembre, jour de rentrée des élèves en classe. Dans le 93, des établissements du secondaire de la Courneuve, Stains, Bondy, Epinay et Aubervilliers étaient en grève pour dénoncer les conditions terribles de la rentrée. Un rassemblement était organisé devant la DSDN du 93 ( Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale ) pour revendiquer des moyens, des embauches et l’ouverture de classes supplémentaires pour pallier aux sureffectifs d’élèves.

Jeudi 8 Septembre, les travailleurs du lycée Romain Rolland dans le 95, étaient également en grève et se réunissaient devant la DSDEN d’Osny pour dénoncer des classes en sureffectifs, et la casse de l’enseignement public.

Dans le 10ème arrondissement à Paris, les parents d’élèves et les professeurs ont occupé durant toute la semaine le collège Selligman pour dénoncer une rentrée catastrophique et revendiquer le passage en classement REP.

En réalité, malgré le silence des médias dominants depuis la rentrée, nombreuses étaient les équipes enseignantes en grève, au-delà de la région parisienne, que ce soit à Villeurbanne au Mans, dans le Val-de-Marne et ailleurs en France. Comment ne pas citer aussi le mouvement de grève important des ATSEM, petites mains essentielles des écoles maternelles, en grève pour de meilleures conditions de travail et des revalorisations salariales.

Après une semaine de colère, la nécessité d’un plan de bataille

Après une semaine de rentrée des classes, le bilan à tirer est d’ores et déjà celui d’une grande colère du milieu enseignant. Une colère qui inquiète le gouvernement qui aura tenté durant toute la semaine de silencier la crise. Mais les déclarations de Pap Ndiaye sur BFM fustigeant les « Cassandres » et présentant une rentrée qui s’ « est bien passée » sont une nouvelle preuve du mépris affiché par le gouvernement envers les travailleurs de l’éducation. Cette rentrée scolaire montre au contraire l’ampleur des conséquences de la casse de l’éducation nationale.

Dans un secteur déjà très remonté contre le gouvernement, marqué par le quinquennat Blanquer, rien ne permet de savoir quelle issue trouvera la mobilisation des travailleurs de l’éducation nationale. Les mobilisations établissement par établissement qui ont eu lieu cette semaine sont un premier signe d’une combativité à la base inquiétante pour le gouvernement.

Cependant, si partout en France des équipes enseignantes se sont mobilisées pour réclamer de meilleures conditions de travail dans leurs établissements, ces mobilisations restent aujourd’hui encore isolées, présentant des revendications locales et avec peu de coordination. Une limite fondamentale alors que la situation de l’éducation exige un plan de bataille à la hauteur de la crise que traverse le secteur. Dans cette situation, force est de constater que les directions syndicales brillent par leur absence, contribuant à désorganiser et décourager un secteur qui a pourtant fait la preuve de sa combativité. L’urgence est à l’extension de la grève, à la coordination des travailleurs de l’éducation nationale en lutte et à l’élaboration d’un plan de bataille et de revendications communes, seul moyen d’imposer un rapport de force à même d’arracher les moyens pour étudier et enseigner dignement.



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