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Politique

L’école face au Covid-19

Rentrée sous le signe du Covid-19 : le ministère désemparé

Dès le lendemain de la rentrée, la réalité de l’épidémie a frappé l’enseignement de plein fouet, avec des premières fermetures de classes. Loin des messages rassurants du ministère de l’Éducation nationale qui prétend avoir un plan, la rentrée semble plutôt être sous le signe de la désorganisation et des risques sanitaires.

jeudi 3 septembre

Crédits photo : Martin Bureau, AFP

La rentrée 2020 a eu lieu le 1er septembre, et déjà, des classes ont fermé dans 5 établissement en métropole et un à la Réunion. Mais il y a plus inquiétant encore que les fermetures de classes : un protocole sanitaire à géométrie variable, reflet de la grande confusion qui règne dans cette rentrée au contexte si particulier.

En effet, il semblerait que les règles appliquées varient d’un établissement à l’autre. Par exemple, à Chaville (Hauts-de-Seine) ainsi qu’à Volx et Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), une école maternelle et deux collèges ont été fermés suite à la contamination de personnels de l’école, et les établissements seront désinfectés. En revanche, à Amiens, une collégienne est tombée malade, et 25 de ses camarades ont été mis en quarantaine, mais le collège n’a pas fermé et les enseignants n’ont pas été testés.

Ces différences de protocoles montrent avant tout l’impréparation du ministère à cette rentrée, alors que la diffusion du virus causant le Covid-19 repart à la hausse un peu partout en France. Force est de constater qu’il n’y a pas eu de miracle pendant l’été : les classes sont toujours autant surpeuplées et les établissements ne disposent pas de systèmes d’aération nécessaires pour faire baisser le risque de contamination.

Dans une interview d’un enseignant de Bobigny que nous avions effectué, on a pu voir que le gros des protocoles sanitaires (concernant notamment les changement de classes ou l’accès à la cantine) a été établi lors de la pré-rentrée des enseignants, soit la veille de la rentrée des élèves. Voilà qui donne un aperçu de l’impréparation au niveau ministériel.

De plus, comme l’a indiqué Alixe Rivière, co-présidente de la FCPE 93, sur BFMTV, les établissements eux-mêmes ne sont pas adaptés aux mesures de distanciation sociale. Une solution possible aurait nécessité la réquisition de lieux inoccupés afin de permettre une baisse de densité dans les classes, et assurer ainsi une bonne distanciation sociale entre les élèves, mais aussi pour les professeurs.

Il faut en effet noter que le port du masque dans les lieux clos n’est pas infaillible. En effet, quand la distances entre les élèves diminue, ou qu’ils se parlent (à la récréation ou dans les couleurs par exemple) la protection du masque diminue. De plus, pour que les masques soient efficaces, encore faut-il qu’ils soient changés régulièrement. Alors que le gouvernement s’acharne à ne pas vouloir rendre les masques gratuits, le fardeau financier d’une utilisation correcte du masque repose donc sur les familles.

Il est à craindre que les établissements scolaires forment de nouveaux clusters comme en Israel ou au Chili. Les effets d’annonce de Blanquer n’y changent rien. De plus, une éventuelle reprise de l’enseignement à distance, comme ce fût le cas au plus fort du confinement, serait catastrophique pour les élèves comme pour les professeurs. Ce début de rentrée ne présage donc rien de bon, et la liste des établissements comptant des cas d’infections continue d’augmenter, comme le montre cette carte interactive (incomplète). Comme l’a indiqué l’enseignant que nous avons interviewé « Ce seront les personnels de l’Éducation, les élèves et leurs familles qui paieront les pots cassés ».




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