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Politique

#StopProductionNonEssentielle

Réouverture de PSA. 2,5 millions de masques qui n’iront pas aux hôpitaux !

FO, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC viennent de signer un accord avec la direction de PSA pour rouvrir les usines. Ces organisations condamnent les ouvriers à retourner travailler au mépris de leur santé pour fabriquer des voitures, quand les milliards de PSA pourraient largement payer les salaires à 100% sans prendre sur le chômage partiel.

vendredi 10 avril

Crédits photo : AFP/Archives - Sébastien BOZON

Le groupe PSA, comme tous les constructeurs automobiles, met en avant un plan de réouverture en s ’appuyant sur le « dialogue social » avec les bonnes volontés de quatre syndicats : FO, la CFDT, la CFTC, et la CFE-CGC. Seule la CGT a refusé de parapher le texte qui non seulement est criminel du point de vue de la santé des travailleurs mais dont les 100 mesures ne permettent absolument pas de garantir la non-propagation du virus c’est même tout le contraire comme nous l’avons vu avec le scandale de PSA Vesoul. Par ailleurs, nous assistons actuellement à une saturation du marché des masques au point de voir les impérialistes se voler des masques entre eux. Dans cette situation, les masques disponibles dans les usines ou importés vont permettre de fabriquer des voitures ! Airbus et PSA obtiennent des passe-droits pour des productions absolument pas essentielles, alors que l’outil de production devrait permettre de fabriquer des respirateurs officiels, pas des bagnoles !

Des mesures pour protéger les salariés dans les usines ?

Au-delà de vouloir faire des voitures en pleine épidémie, il y a surtout toute la panoplie de mesures qui devraient, d’après la direction de PSA, nous faire travailler en sécurité. De quoi parlons-nous exactement ? Les masques tout d’abord. Ce sont pas moins de 600.000 masques chirurgicaux qui sont prévus dans le plan de la direction. Deux par salariés, quatre pour ceux qui viennent en transport et en co-voiturage. Pour l’ensemble des usines de groupe cela ferait, pour un mois à ce rythme, 2,5 millions de masques. Sur certaines lignes de montage le port obligatoire des lunettes est prévu , voire des casques avec des visières. A cela s’ajouterait bien entendu les gestes dits « barrière », la distance entre deux personnes avec des marquages au sol à respecter impérativement, et le gel hydroalcoolique disponible dans chaque secteur de travail. Et l’autosurveillance, en clair prendre sa température soi-même avec possibilité de pendre encore la température avec des thermomètres que la direction va mettre en place dans chaque secteur. La direction assure que les cadences seront modifiées pour pouvoir respecter les gestes de distance. D’autres mesures sont prises comme le nettoyage des outils mais nous n’évoquons que les principales. Ce qu’on peut retenir c’est qu’on pourrait bien se passer de toutes ces mesures, si la production était arrêtée. Elles prendraient leur sens pour réaliser des masques ou des respirateurs pour fournir à l’effort (prétendument selon Macron) de « guerre ». Apparemment la soif de profits empêche un géant comme PSA de faire cette action élémentaire, tout comme le gouvernement au service des patrons et de leur propriété qui refuse de réquisitionner et de réorganiser la production, ce qu’il aurait fait en temps de guerre pour produire des balles, obus et véhicules blindés. Si les capitalistes ne le peuvent pas, c’est aux travailleurs de le faire !

Accord sur le chômage partiel, c’est le braquage de l’ensemble des salariés du groupe PSA

L’accord signé est un coup de poignard dans le dos des salariés par quatre syndicats qui se mettent à genoux devant la famille Peugeot, avec le vol de jours de congés. Un jour pour les ouvriers et deux pour les cadres. Il est question de la mise en place d’un fonds de solidarité. De quelle solidarité parle-t-on ? Celle avec PSA qui veut faire des profits et qui lui permet de trouver les moyens de modifier la prise de congés d’été et d’imposer 6 jours de congés pendant le chômage partiel comme le préconise le gouvernement ? Comment des syndicalistes peuvent-ils valider un tel vol alors qu’avec les milliards que PSA a en caisse, on pourrait largement payer tous les salariés, intégralement, sans passer par le chômage partiel. La CGT du groupe PSA a publié une pétition en ligne que vous pouvez signer pour s’opposer à ce vol.

Parole de syndicalistes qui ont signé cet accord scélérat

Le syndicat FO du groupe PSA : « l’essentiel est garanti pour les congés, cet accord répond à notre demande de maintien de la rémunération à 100 % pour les salariés , et il ne fallait pas en plus de la crise sanitaire une crise économique »

Pour la CFE-CGC syndicat des cadres : remarque « un geste fort de solidarité des cadres de l’entreprise »

La CFTC : se réjouit « de la mise en place d’un système de solidarité permettant à tous de bénéficier de 100 % de son salaire »

La CFDT : signe l’accord mais attend néanmoins un autre élan de solidarité pour participer financièrement par le biais de dons dans le fonds de solidarité ou le non-versement de dividendes pour les actionnaires pour 2020 .

Autant dire qu’avec de telles organisation qui bradent les intérêts de la classe ouvrière, et ceci sans jamais prendre en compte les intérêts de ceux qui vont payer la note, le seul gagnant dans cet accord c’est PSA qui va continuer à exploiter et à précariser. Les intérimaires sont les oubliés de cet accord. Ce sont bien les salariés qui doivent prendre le contrôle de leur vie, de leur travail dans les usines et s’unir sur des bases de classe. Puisque la négociation sur les bases du patron, c’est cracher sur ses intérêts, c’est bien par le rapport de forces et pas par la parlote dans les salons qu’on pourra changer radicalement notre quotidien.




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