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Notre classe

#PasDeRepriseSansTestsNiMasques

Réponse à Pascal Praud : exposés à la pandémie, sous-payés, les facteurs ne sont pas responsables de la crise sanitaire !

Le 16 avril, l'animateur de Cnews s'en est pris aux profs et aux facteurs, affirmant au sujet de l'inquiétude que suscite la reprise du travail imposée par le gouvernement le 11 mai sans masques ni tests : « il y aura toujours de bonnes raisons de ne pas rentrer, mais un moment il faut y aller ». Nous relayons la lettre de facteurs qui lui ont répondu.

mardi 28 avril

Monsieur,

Depuis plusieurs jours, vous encombrez l’espace médiatique par vos sorties répétées qui, au mieux, témoignent d’une méconnaissance profonde de vos sujets et, au pire, d’une idiotie et d’un mépris à la démesure de votre incompétence.

Vous n’en êtes certes pas à vos premiers faits d’armes en la matière, un bref coup d’oeil à votre parcours professionnel permet d’en juger, mais je pense qu’il est désormais nécessaire en ces temps troublés de contrebalancer la parole de ces journalistes médiocres dont vous êtes la plus brillante incarnation.

Très récemment, vous avez ainsi déversé votre fiel sur le corps enseignant, en reprenant ce vieux cliché éculé et d’un autre âge du professeur paresseux et désinvolte. Cette diatribe nauséabonde, totalement dénuée d’argument et dégoulinante de partialité, n’a fait, malheureusement pour vous, que creuser un peu plus le fossé intellectuel abyssal qui vous sépare de ces hommes et ces femmes à la mission on ne peut plus noble, celle d’éduquer et de transmettre le savoir.

Un peu plus tôt, et suivant la même rhétorique mensongère, c’est cette fois-ci aux facteurs et factrices que vous aviez destiné votre mécontentement, les accusant de ne pas remplir correctement leur mission de service public. Si vous vous étiez donné la peine, une fois n’est pas coutume, de défricher votre sujet comme le ferait tout bon journaliste qui se respecte (une espèce de plus en plus rare il est vrai), vous auriez rapidement compris que cette entreprise n’est plus qu’un fantôme de ce qu’elle fût autrefois.

Suite aux nombreuses restructurations effectuées depuis une dizaine d’années, la Poste est en effet devenue un des plus beaux fleurons de l’appareil capitaliste, la recherche croissante du moindre petit dividende s’étant substituée au respect porté aux employés et à la qualité de service fournie au client.

L’épidémie de coronavirus n’a fait, je vous l’accorde, qu’accentuer cet état de fait. Mais plutôt que de clouer au pilori ces nombreux facteurs et factrices sous-payés, qui mettent actuellement leur santé en péril en raison de l’indifférence et du mépris de leurs directions, il aurait été plus avisé de stigmatiser les vrais responsables de cette rapide déliquescence ; ces preneurs de décision, ces puissants que vous épargnez bien trop souvent lors de vos interventions. Sans nul doute parce que, derrière votre pupitre comme eux du haut de leurs tours d’ivoire, vous faites partie de la même espèce suintante d’égoïsme et de morgue envers ses congénères.

J’espère, mais peut-être est-ce vaine utopie, que ces quelques mots pourront faire naître chez vous un début de remise en question et vous feront revenir sur vos propos. Dans le cas contraire, vous pouvez être sûr que nous serons nombreux à venir profiter du spectacle quand sera enfin venue l’heure pour vous, et tant d’autres, de rendre des comptes.

Signé : Des facteurs de la plateforme de distribution du courrier de Vertou.




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