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Politique

Report de la reforme des APL, problème technique ou soucis politique ?

Une fois de plus la reforme des aides personnalisés aux logements a été reportée par le gouvernement, le premier report datant de juillet de cette année. Le motif de ce report ? Toujours le même, des problèmes techniques dans la mise en place du système informatique de la caisse nationale d’allocations familiales. Difficile à croire, notamment dans la conjoncture de la mobilisation contre la reforme des retraites.

samedi 4 janvier

C’est encore une autre reforme qui va à l’encontre des plus démunis et des classes populaires, toujours à la recherche d’économies la reforme des APL fait parler depuis un certain temps, malheureusement mise un peu à l’écart de la scène grâce à encore une autre reforme, cette fois ci la très impopulaire reforme des retraites, reforme phare du gouvernement Macron-Philipe qui a retrouvé un énorme rejet de la part des organisations syndicale et des larges secteurs du monde du travail, autant dans le public que le privée.

Le mouvement contre les reformes des retraites, laisse entre voir une énorme mal être social, mise à part l’affaiblissement des organisations syndicales et la méfiance des bases syndiqués en vers leurs directions, la contestation s’est fait entendre depuis plusieurs semaines, et les taux de participation à ces journées laissent déjà derrière eux les grandes mobilisations de 95 à l’encontre de la reforme des retraites menée par Alain Juppé, premier ministre à l’époque du gouvernement Chirac. La mobilisation des Gilets Jaunes a aussi laissé leur emprunt dans le terrain politique et démontre d’une certaine façon un nouvel élan de radicalité des bases syndicales comme celle de la RATP, qui sont des embryons de dépassement des cadres imposées par les directions syndicales.

Dans ce contexte, la reforme des APL serait quand même un pari risqué pour le gouvernement, une façon d’envenimer d’autres secteurs de la population qui se sont montrées jusqu’à l’heure actuelle inactif dans la mobilisation, notamment dans le domaine du privée. Il s’agit d’une reforme qui touche presque 6 millions de bénéficiaires des APL et qui verrai effectivement une réduction des aides personnalisés pour le logement à environ 1.2 millions de personnes, voir 600000 qui seraient exclus avec le nouveau type de calcul.

De plus la bataille qui se mène, malgré le pari du gouvernement d’isoler les secteurs avant-gardistes en lutte comme la SNCF et la RATP en désignant la grève comme une grève corporatiste et qui croyait pouvoir résoudre rapidement en donnant des concessions ponctuelles, est parti pour durer, du moins, le mois de janvier voir plus. Du coup les municipales rentrent en compte dans l’échiquier politique des reformes. La reforme repoussé pour le 1er avril évite au même temps un grand coup électoral lors des élections municipales que vont se tenir au mois de mars 2020.

Dans ce cadre, le gouvernement cherche à prendre un peu d’air, malgré ses discours provocateur et sans conciliation, la crante d’un débordement des directions syndicales et la rentrée en bataille d’autres secteurs qui puissent de fait généraliser la grève à la rentrée, reste latente dans les calculs de Matignon. En outre un grand revers électoral lors des municipales pourrait encore affaiblir un gouvernement qui reste tout de même très impopulaire.

Mais de notre part si nous voulons généraliser ce mouvement dans une grand grève politique à l’encontre de ce gouvernement, nous ne devons pas attendre des faux pas de leur part, mais plutôt pousser activement pour la génération de cadres d’auto organisation ou l’ont puisse décider démocratiquement l’issu de cette grève, avec des coordinations de lutte, qui poussent pour un élargissement des revendications, comme l’augmentation salariale, le retour au ISF et la démission de tout ce gouvernement. Car on s’est bat pas que contre une reforme ponctuelle d’un gouvernement quelconque, mais contre tout ce qui représente le consensus néolibéral capitaliste dont Macron est aujourd’hui le fer de lance.

Crédit photo : Philippe Huguen / AFP




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