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Répression : 40 heures de garde à vue pour une militante écolo après une action à Roland-Garros

Vendredi soir, pendant la demi-finale de Roland-Garros, une militante s’est accrochée au filet du court pour alerter sur l’urgence climatique. Une action pour laquelle elle a été réprimée, écopant de 40h de garde-à-vue.

lundi 6 juin

Crédits photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Vendredi 3 juin se tenait une demi-finale de la prestigieuse compétition de tennis Roland-Garros. L’événement a été perturbé par Alizé, une activiste écologiste qui s’est attachée au filet du court Philippe Chatrier, pour alarmer sur l’urgence climatique et dénoncer l’inaction des politiques. Sur son tee-shirt, on pouvait lire : « il nous reste 1028 jours », une référence au dernier rapport du GIEC.

Cette action symbolique a été fortement réprimée. La jeune militante écologiste a été placée en garde à vue durant deux jours. Avec plus de quarante heures de garde à vue, Alizé a dépassé le temps d’incarcérations de personnages comme Carlos Ghosn ou Nicolas Sarkozy pour lesquels les médias n’hésitent pas à offrir une tribune pour. En réalité, Alizée a subit une tentative d’intimidation, envoyant un signal à toute une jeunesse qui voudrait se mobiliser pour refuser l’inaction face à la catastrophe écologique qui nous menace.

Le lendemain de sa sortie de garde à vue, la militante écologiste a expliqué son action au micro de France Inter : « Ça fait 30 ans qu’on sait qu’il faire quelque chose, le monde ne va pas s’effondrer dans 1028 jours, mais c’est le temps qu’il nous reste pour agir. »

Alizé justifie son geste par l’énorme urgence qui se pose à nous : « D’après la communauté scientifique, il est déjà trop tard pour ne pas dépasser les 1,5 degré, mais pour éviter les 2 degrés d’ici la fin du siècle, il nous reste 2 à 3 ans pour pouvoir faire quelque chose ». Par son geste dans un événement très médiatisé, elle a tenté de s’adresser au monde entier pour alerter sur cette urgence climatique largement partagée dans la jeunesse.

Son action montre à quel point le gouvernement Macron n’apparaît pas comme crédible pour répondre à l’enjeu de la crise climatique à venir. Le quinquennat que nous venons de passer ne laisse aucun doute sur le désintérêt qu’accordent nos dirigeants à la cause écologique. Cela s’est notamment illustré lors des différentes COP qui n’ont été que des vulgaires opérations de communications pour les dirigeants des grandes puissances.

La crise climatique que nous vivons ne peut être résolue que si nous en finissons avec la logique folle de recherche constante de profits qui ne bénéficie qu’a une petite classe dominante toujours plus riche. La lutte écologique ne peut être qu’anticapitaliste et révolutionnaire, c’est la seule voie pour éviter le scénario catastrophe que nous promettent les experts du GIEC.



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