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Politique

Justice d'exception

Répression. Darmanin expulse de son HLM la famille d’un motard à l’origine d’un accident

Le 5 août, un motard percutait gravement deux enfants à Pontoise. Darmanin a ordonné l’expulsion de la famille du motard de leur logement social. Le gouvernement continue son offensive répressive en appliquant une double-peine dans les quartiers populaires.

jeudi 1er septembre

Crédits photo : AFP

Le 5 août, dans le quartier des Hauts de Marcouvilles à Pontoise, un jeune motard blessait gravement deux enfants le 5 août. Parti se dénoncer le lendemain, il a été incarcéré le 8 août. Mais Darmanin n’a pas voulu en rester là. Ce mardi matin, sa famille a été expulsée de son logement social, par la préfecture du Val d’Oise, sur ordre de Darmanin. Un huissier, la police ainsi que le bailleur social étaient présents sur place afin de procéder à l’expulsion. Dans un tweet, le premier flic de France s’est auto-congratulé de cette décision qui consiste à condamner la personne incriminée et sa famille, en les mettant à la rue.

La famille était sous le coup d’une menace d’expulsion depuis 2016, pour des loyers impayés. Non mise à exécution depuis 6 ans, le préfet n’a été que trop heureux de se servir de cette vieille décision de justice comme d’un prétexte pour mettre une famille à la rue, comme il l’explique à l’AFP : « Pour agir avec rapidité, je me suis appuyé sur une décision qui était toujours exécutoire du juge civil sachant que nous aurions monté le dossier pour expulsion pour troubles de jouissance dans un cas comme celui-ci ».

Une instrumentalisation de la part de la préfecture, qui n’a prévenu la famille qu’une semaine avant ! Voilà le régime répressif qui sévit dans les quartiers populaires, où Darmanin met la lumière sur des affaires au fort contenu médiatique pour justifier l’expulsion d’une famille d’un HLM. Cela dans la ligne édictée par Macron : pour masquer la pauvreté et la misère, faire croire aux gens que c’est une répression « sévère » et « rapide », pour reprendre les mots du préfet, qui garantira une « jouissance paisible » des quartiers.

C’est une vieille rengaine de la droite et de l’extrême droite que d’instaurer l’idée que les familles des quartiers populaires « profitent » des avantages des bailleurs sociaux, des allocations etc. Et qu’il faudrait les en priver à la moindre occasion pour les mater ! Ainsi, la volonté de priver les familles d’allocations en cas d’absentéisme scolaire, ou bien de les virer de leur HLM quand un membre de la famille écope d’une condamnation. Cette affaire n’est pas sans rappeler, l’offensive du maire de Nice, Christian Estrosi qui s’était félicité de l’expulsion d’une mère de famille après la condamnation de son fils pour trafic de stupéfiants et qui envisage l’expulsion de dizaines d’habitants des quartiers populaires niçois. Une rapidité qui tranche avec le laxisme lorsque ce sont des familles aisées, et encore plus quand il s’agit de politiciens, qui conservent des HLM à vie, laissant les plus exploités poireauter des années sur liste d’attente !

Darmanin pratique donc une justice administrative d’exception contre les habitants des quartiers populaires et instrumentalise d’une manière ignoble l’accident survenu le 5 août. L’argument de la « tranquillité » invoqué par l’Intérieur et par le préfet n’en sont que plus hypocrites. Violences policières, mal-logement, précarité et délabrement des services publics, voilà ce que cache leur acharnement médiatique contre les habitants des quartiers populaires.



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