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Répression. Déjà plus de 3000 verbalisations dans le cadre du couvre-feu

Depuis la mise en place du couvre-feu le samedi 17 octobre, plus de 3000 verbalisations et 19 300 ont été réalisés dans les 8 métropoles concernées par cette mesure. La répression comme la seule réponse face à la crise sanitaire continue donc, alors que les hôpitaux publics suffoquent par manque de moyens et de personnels.

mardi 20 octobre

Crédit photo : AFP/Hans Lucas

Plus de 3000 contraventions et 19 300 contrôles effectués depuis l’entrée en vigueur du couvre-feu, c’est le bilan annoncé sur le plateau du JT de TF1 par Gérard Darmanin. Le gouvernement continue de fanfaronner, alors que tous les indicateurs sont au rouge et que les chiffres de contaminations mais aussi de malades en réanimation sont en hausse.

Le couvre-feu est la solution idéale pour le gouvernement Macron et le grand patronat, puisqu’elle offre la possibilité de continuer à générer du profit pour les grands capitalistes, tout en ayant un contrôle exceptionnel et inquiétant sur la population. Cet arsenal ultra-sécuritaire permet également de se dédouaner complètement de toute responsabilité : en effet, il est plus facile d’accuser la vie sociale des individus comme coupable de la transmission du virus, et de sciemment ignorer que bon nombre de données démontrent que ce sont dans les entreprises, les écoles, les universités et les établissements de santé que se trouvent l’essentiel des clusters. Le couvre-feu, c’est aussi un choix tout à fait conscient de mettre la vie des travailleurs en danger, en refusant de contraindre les entreprises à mettre en place le télétravail et l’arrêt de production quand celle-ci n’est pas essentielle.
Pendant que Macron continue d’octroyer des aides publiques aux grandes entreprises, l’hécatombe continue dans les hôpitaux. Seul face au virus et à un gouvernement bien trop occupé à couvrir de subventions les grands groupes, le personnel soignant continue de s’épuiser et ne cesse de tirer la sonnette d’alarme, notamment à travers les grèves organisées partout en France. Une sonnette d’alarme tirée bien avant la pandémie, puis à ses débuts et jusqu’à la veille de la seconde vague : jamais l’hôpital public n’a cessé d’avertir du manque cruel de moyens et de personnels. Le total manque d’organisation qui a suivie de déconfinement, s’ajoutant au manque d’argent, comme l’explique William Dab, ancien directeur général de la santé, dans un entretien accordé à Médiapart : «  Il fallait, à partir de ce moment-là, organiser la priorisation des tests, le traçage des cas contacts et leur isolement complet, indiquait récemment l’ancien directeur général de la santé, William Dab. Si on avait réagi correctement début septembre, on n’en serait pas là. Aujourd’hui, c’est fini. […] Le virus va circuler, il y aura deux fois plus de cas dans deux semaines, et une tension hospitalière. »

Ainsi, la décision d’instaurer un couvre-feu non seulement met en lumière sa peur de la perte du contrôle social, mais aussi un échec cuisant de Macron dans la gestion de la crise sanitaire, et cela au détriment de la vie des travailleurs et des plus précaires.




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