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Jeunesse

Sorbonne occupée

Répression. Le rectorat porte plainte pour dégradation à La Sorbonne

Après la répression administrative et policière de l’occupation de La Sorbonne, c’est sur le terrain judiciaire que le rectorat compte s’attaquer aux étudiant.e.s mobilisé.e.s contre Le Pen et Macron, avec une plainte déposée contre X suite aux dégradations. Une offensive contre l’ensemble du mouvement de jeunesse de l’entre deux tours.

vendredi 22 avril

Crédit photo : AFP

Les 13 et 14 avril, plus de 600 étudiant.e.s se sont réunis en assemblée générale dans un amphithéâtre de la Sorbonne et ont décidé d’occuper le bâtiment. A l’origine de la colère : le second tour des présidentielles et le (non) choix réactionnaire qu’il offre pour le prochain quinquennat.

Malgré la demande faite par la foule des étudiant.e.s réuni.e.s devant la Sorbonne de disposer d’un amphithéâtre pour débattre, la présidence de l’université a préféré tenter de fermer le bâtiment tout en augmentant la sécurité, conduisant les étudiant.e.s à réquisitionner eux même leur lieu de discussion et d’organisation.

Le soir même du 13 avril, la police a été déployée dans tout le quartier de la Sorbonne, et la répression a débuté dès le lendemain matin. Le 14 avril, la police a retenu les étudiant.e.s encore à l’intérieur du bâtiment, les empêchant de sortir et interdisant les entrées. Dans le même temps, elle a réprimé en chargeant et gazant les centaines de personnes réunies en soutien sur la place de la Sorbonne.
La répression administrative par les présidences d’universités a rapidement suivi. Celles-ci ont fermé un très grand nombre des centres universitaires de région parisienne, basculant unilatéralement les enseignements en distanciel, pour tenter d’enrayer tout mouvement étudiant.

Mais après les répressions policières et administratives, la présidence de l’université mais également la droite et l’extrême-droite, se sont saisies de la question des « dégradations » dans l’université pour délégitimer la colère étudiante. Gilbert Collard, désormais figure du parti d’Eric Zemmour a notamment appelé à la répression : «  Regardez le triste état de la #Sorbonne après seulement quelques heures d’occupation par l’extrême-gauche : trop de laxisme, depuis trop longtemps : ils doivent payer la facture !  »

Un appel que le rectorat a semblé entendre, puisqu’il a déposé une plainte contre X pour « dégradation ou détérioration d’un établissement scolaire » et « dégradation ou détérioration de biens classés ou inscrits, commises en réunion » le 15 avril, selon des informations reçues par France Infos le 20 avril.

Chercher ainsi à faire condamner pénalement des étudiant.e.s est un moyen supplémentaire de réprimer la mobilisation et de faire peur à celles et ceux qui voudraient la rejoindre. C’est là une volonté de tuer dans l’œuf une mobilisation étudiante qui donne à voir ce que pourraient être les cinq années de lutte à venir. Cette tentative d’intimidation vise à éviter que les facs soient des centres d’organisation de la constatation du prochain quinquennat. Préparer les luttes à venir passe donc nécessairement par le fait de défendre la mobilisation étudiante et toutes les personnes qui pourraient être visées par les poursuites judiciaires. Face à la répression, il y a une urgence à témoigner d’un soutien inconditionnel et à répondre collectivement !



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