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Politique

Répression. Un député LREM demande à Darmanin de dissoudre le Collectif Palestine Vaincra

Ce mardi 23 mars, le député LREM Patrice Pierrot, en s’appuyant sur les propos du ministre de la défense israélien Benny Gantz, réclame dans une question parlementaire à Gérald Darmanin la dissolution du Collectif Palestine Vaincra. Une nouvelle attaque contre la gauche antiraciste.

vendredi 26 mars

Crédit photo : Collectif Palestine Vaincra

Après l’UNEF, c’est au tour du Collectif Palestine Vaincra de se voir menacé de dissolution, cette fois-ci directement par un député LREM Patrice Pierrot dans une question parlementaire au ministre de l’intérieur Gérald Darmanin.

La raison évoquée par le député marcheur est l’appartenance du collectif au réseau Samidoun, un réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens, qui a été déclaré récemment par le ministre de la défense et de la guerre israélien, Benny Gantz, comme organisation terroriste. Encore plus grave, la question adressée par le député est quasiment un copié collé d’un texte de NGO Monitor, officine d’extrême droite pro-israélienne chargée de lutter contre les mouvements de solidarité avec la Palestine dans le monde entier en faisant par exemple du lobbying sur les Etats et les ONG pour couper les fonds de subventions aux associations, en les qualifiant notamment de terroriste, tout en défendant les intérêts d’Israël.

Cette demande de dissolution de « Palestine vaincra » est totalement scandaleuse et mensongère lorsque l’on voit le véritable apartheid que subit le peuple palestinien. Vivant comme réfugiés et prisonniers sur son propre territoire depuis 1948, les Palestiniens subissent au quotidien une féroce répression, entre meurtres, emprisonnement ou encore annexion, de la part de l’Etat d’Israël et ses alliés. Le travail au quotidien des associations comme « Palestine Vaincra » est primordiale pour le soutien du peuple palestinien à l’international contre le racisme et le colonialisme de l’Etat d’Israël.

Pour citer un porte-parole du collectif que nous avons contacté : « Nous organisons notamment des campagnes de boycott des produits israéliens ou encore des campagnes d’agitations afin de sensibiliser le plus largement possible à la cause palestinienne ». Ainsi, l’activité du collectif est centrale afin de visibiliser et dénoncer le massacre des Palestiniens, mais aussi le soutien des puissances impérialistes à Israël, comme la France.

Cette menace n’est pas la première, « Palestine Vaincra » subit depuis sa création de nombreuses intimidations d’officines ou de personnalités publiques pro-israéliennes pour faire cesser leurs activités. Bien plus, comme nous le témoigne un porte parole du Collectif « Palestine Vaincra » : « toutes ces attaques s’inscrivent dans une campagne politique plus large menée par l’Etat d’Israël de criminalisation constante de toute organisation soutenant le peuple palestinien ».

Ceci passe aussi par tout un travail mené ces dernières années afin d’assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme, en considérant notamment toutes oppositions à l’Etat d’Israël comme antisémite. Pour reprendre le même membre de Palestine Vaincra : « cette campagne menée par Israël d’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme est une campagne de répression contre ses opposants politiques anticolonialistes et anti-impéralistes ».

Cet argument mobilisé par le député LREM qui s’appuie sur la définition adopté il y a quelques années par l’IHRA ( Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste), par ailleurs reprise par Emmanuel Macron, est fabriqué de toute pièce pour protéger l’Etat colonial et raciste d’Israël en considérant toute opposition comme terroriste, et en invisibilisant « la prison à ciel ouvert » qu’est la Palestine et tous les massacres qu’elle subit. Sur ce sujet la France se positionne clairement du côté d’Israël et dans la défense de ses intérêts, Emmanuel Macron l’affirmait déjà en 2017 : « l’antisionisme, est la forme réinventé de l’antisémitisme »

Cette menace s’inscrit donc dans un processus de répression systématique contre les associations antiracistes et anti-impérialistes, opposants politiques d’Israël ; répression mise en place par ce dernier et appliqué par ses alliés internationaux. Comme le dit le communiqué de l’association « Palestine Vaincra «  : En réclamant la dissolution du collectif, Patrice Perrot et les supporters d’Israël démontrent une nouvelle fois qu’ils sont d’ardents défenseurs de l’apartheid israélien ».

Cela prend part aussi dans le saut répressif et autoritaire du gouvernement. En effet, c’est bien la loi contre les séparatismes qui permet aux gouvernements et aux députés d’envisager de telles procédures racistes. De la même manière que la dissolution du CCIF et de Baraka City,” la menace de dissolution de Palestine Vaincra représente une véritable menace pour tout le camp antiraciste et les organisations de gauche” déclare le militant du collectif Palestine Vaincra. Les demandes de dissolution de l’UNEF en sont aussi un exemple.

Nous apportons tout notre soutien au collectif « Palestine Vaincra », bien plus encore il est nécessaire que l’ensemble des organisations antiracistes, les partis et syndicats de gauche dénoncent cette attaque anti-démocratique et apporte une réponse unitaire de notre camp social.




Mots-clés

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