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La police matraque, la RATP sanctionne

Répression à la RATP : des centaines de soutiens à Lachambeaudie pour soutenir les grévistes de Vitry

Hier, malgré la pluie, plusieurs centaines de soutiens étaient réunis devant la Place Lachambeaudie à Paris pour soutenir Patrick et Yassine à l’occasion de leur conseil de discipline. A l’issue de leur passage, la RATP les menace de deux mois de mise à pied, une sanction moins lourde que la révocation, mais totalement démesurée alors que les grévistes sont réprimés pour des motifs fallacieux.

vendredi 6 mars

Hier, dès midi, des centaines de soutiens étaient réunis Place Lachambeaudie à Paris, devant les locaux de la RATP. Syndicalistes de différents secteurs, grévistes de la RATP, soutiens étudiants, professeurs ou hospitaliers, tous souhaitaient montrer par leur présence le refus d’une répression injuste et violente, qui ne vise ni plus ni moins qu’à faire taire toute contestation sociale. « Ils essaient de nous faire payer notre mouvement de grève » note ainsi Yassine, premier des grévistes de Vitry à avoir subi la répression de la RATP.

Au milieu de la place, des prises de parole commencent et démontrent le soutien large aux grévistes. Elus du Val-de-Marne et syndicalistes se succèdent au micro, dénonçant les mesures répressives de la RATP et rappelant la justesse du combat des grévistes, mobilisés pendant plus de deux mois pour défendre les retraites de toutes et tous. Pour l’occasion, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a même fait le déplacement.

A l’issue du rassemblement, les grévistes entrent dans les locaux de la RATP pour leur conseil de discipline. Pas d’envahissement massif cette fois, seuls les agents RATP sont habilités à entrer dans le bâtiment, gardé par une horde de CRS pour l’occasion. Finalement, Yassine et Patrick sortent avec un même avis du conseil de discipline : deux mois de mise à pied.

Une décision violente pour des grévistes réprimés sur la base de motifs fallacieux, mais qui reste en deçà de la menace de révocation qui pesait jusqu’alors sur leurs épaules. Pour autant, les grévistes refusent encore de crier victoire. « Il ne faut pas crier victoire. Cela n’est qu’un avis du conseil de discipline et l’avis définitif revient au directeur du département, par ailleurs notre demande était quand même l’annulation de la procédure ! On évite la révocation, mais deux mois ça reste cher payé » explique ainsi Alexandre, militant CGT et secrétaire du CSE, lui aussi attaqué par l’entreprise. «  Tout ça c’est une mascarade », insiste Ahmed du dépôt de Flandre, également déferré en conseil de discipline avec menace de révocation. «  Ce qui dérange la direction c’est de voir des salariés du terrain se battre pendant 60 jours sur un piquet de grève (...). Mais on ne va jamais se soumettre, on gardera la tête haute et on ne va rien lâcher ! »

Pour la décision finale, il faudra donc attendre le retour du directeur du département. En attendant grévistes et soutiens restent mobilisés, pour donner de la force à l’occasion du conseil de discipline de François, un autre gréviste de Vitry, qui se tiendra aujourd’hui, mais aussi pour rester alerte face aux décisions finales de l’entreprise. La lutte n’est pas finie, la répression non plus, et la solidarité qui s’est exprimée hier devra se poursuivre pour gagner et défendre ceux qui se battent pour nos droits.




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