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Répression des 5 energéticiens à Bordeaux : « s’ils ne lâchent pas nos camarades, samedi on sera 15 000 ! »

Ce mercredi, 5 syndicalistes de la CGT Énergie 33 ont été interpellés à leur domicile et placés en garde-à-vue. Un nouveau saut dans la répression du mouvement contre la réforme des retraites, dénoncé par plus de 200 personnes rassemblées devant l'hôtel de ville pour une première réponse unitaire réussie.

Petra Lou

27 mai 2023

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Répression des 5 energéticiens à Bordeaux : « s'ils ne lâchent pas nos camarades, samedi on sera 15 000 ! »

Crédit Photo : Révolution Permanente

À l’appel de la CGT Énergie 33 ce mercredi matin, un rassemblement réunissait 200 personnes devant le commissariat de Bordeaux Mériadeck. C’est suite à l’interpellation de 5 syndicalistes de l’énergie qui ont ensuite été placés en garde-à-vue, que le syndicat a appelé à un piquet toute la journée devant le commissariat central.

En réponse à cette nouvelle opération répressive, plusieurs sites ont été mis à l’arrêt ce mercredi, par une grève massive des énergéticiens : c’est le cas des sites de Gradignan, Bordeaux Lac, Cenon, Eysines, Biganos, mais également en partie à Libourne et chez les agents des Industries Électriques et Gazières de Soulac.

Si déjà ce matin de nombreux secteurs étaient présents pour soutenir les syndicalistes enfermés, avec la présence de travailleurs de l’AIA, des dockers, des cheminots, de l’éducation ou encore des étudiants, les énergéticiens ont appelé à tenir le piquet jusqu’à ce soir. « On restera mobilisés devant le commissariat, jusqu’à ce que nos camarades soient dehors, et on lâchera rien », promet à notre micro Manuel Romero, représentant du personnel à GRDF et membre du syndicat énergie 33.

Cette attaque est un saut dans la répression de la part de l’État, qui après avoir visé durement la jeunesse, cible à nouveau les militants de la CGT Énergie : « Nos camarades dont le secrétaire général du syndicat énergie 33 ont été levés chez eux comme de vulgaires voyous, on suppose que c’est suite au mouvement contre la réforme des retraites qui a eu lieu partout en France. C’est une honte, et on voit que le gouvernement veut marquer un saut dans la répression, on est venus les chercher chez eux, devant leur famille et devant leurs enfants », dénonce Manuel Romero.

Devant le commissariat, une ambiance déterminée, avec de la musique à tue-tête, des barnums, et feux d’artifice. Dès 18h, de nombreuses personnes, syndicalistes ainsi que militants politiques ont afflué pour soutenir les énergéticiens de nouveau ce soir : « Aujourd’hui on est plusieurs représentants syndicaux de l’énergie de toute la France [...] l’État il faut qu’il comprenne que ça va pas s’arrêter : nous on sera là, on va pas lâcher, et on attend que les camarades soient libérés », affirme Laury Dubus, secrétaire générale de la CGT Énergie Somme-Oise.

Si l’Union Départementale de la CGT avait initialement appelé à un rassemblement à la Préfecture, elle a décidé de rejoindre celui devant le commissariat des énergéticiens. Face à celui-ci, un dispositif policier très important, a été déployé : presque une dizaine de camions de CRS présents sur place, en plus des policiers devant l’établissement.

Dans une interview, Mouadh Aboudi, secrétaire général de la CGT Énergie Lille, présent devant le commissariat, en profite pour avertir : « J’ai envie de passer un message : s’ils ne lâchent pas nos camarades aujourd’hui, samedi on sera 15 000 ici, on ramènera tous les énergéticiens venus à Soulac pour le festival qu’organise la CGT énergie pour soutenir nos camarades ».

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Des prises de parole se succèdent, dont celle Stéphane Obé, secrétaire général de l’Union Départementale CGT 33 : « C’est encore une fois une volonté de répondre à la mobilisation sociale par la répression. C’est un nouvel acte que nous condamnons.  ». Isabelle Ufferte, militante au NPA 33, dénonce : «  Ce n’est pas un hasard si c’est à eux qu’on s’en prend […] depuis le début du mouvement, ils tissent des liens avec tous ceux qui veulent se battre. A travers eux, c’est nous tous qui sommes visés. […] Parce que la politique de Darmanin, c’est de tirer sur tout ce qui bouge, tout ce qui peut remettre en question leur domination ».

Alors que la répression ne cesse de s’abattre sur le mouvement, et que le gouvernement semble bien déterminé à intimider tous ceux qui le contestent, il faut une réponse collective qui souligne la détermination de tous ces secteurs mobilisés. C’est dans ce sens qu’est intervenu Jahan Lutz, militant à Révolution Permanente et membre du Réseau pour la grève générale lors du rassemblement : « Notre réponse face à la répression doit être forte et unitaire, cela ne peut pas être le dialogue social, mais une réponse dans la rue par la grève ! On doit s’organiser collectivement pour exiger la libération immédiate de tous nos camarades en garde-à-vue et l’abandon de toutes les poursuites judiciaires ».

En marge de la manifestation, une jeune fille de 18 ans a été interpellée par la police : une nouvelle intimidation qui vient souligner encore une fois la réponse répressive du gouvernement et de la Préfecture de Bordeaux. Alors que les manifestants viennent d’apprendre que les cinq interpellés ne seront pas relâchés avant jeudi matin, les énergéticiens ont décidé d’appeler à un nouveau rassemblement ce jeudi, dès 8 heures pour un petit-déjeuner solidaire.


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