^

Notre classe

Education Nationale

Répression : des AED non renouvelés pour avoir fait grève à Bordeaux

Après la mobilisation des AED qui avait trouvé son apogée durant le mois de mars avec des vies scolaire mortes et des journées de mobilisations et de manifestations nationales, les directions des établissements ont décidé de se séparer du personnel considéré comme trop engagé en cette fin d’année scolaire. Une répression qui s’inscrit dans une volonté gouvernementale de taire toute contestation.

mardi 15 juin

Crédits photo : Collectif AED et AP de Gironde

Le contrat des AED est un contrat particulièrement précaire, qui, en plus de laisser un flou quant à leur fiche de poste et donc de leur faire endosser diverses casquettes (psychologue scolaire, conseillère d’orientation, assistante sociale, CPE…) permet également aux établissements de ne pas renouveler le contrat d’une année sur l’autre, et ce, sans aucune obligation d’en expliquer le motif. Cette condition, qui émane du décret de mai 2003, a ainsi permis aux établissements ayant eu des mobilisations en leur sein de ne pas renouveler les personnes jugées trop « engagées », délivrant alors des motifs de façade tels qu’un manque d’investissement, un manque d’exemplarité pour les élèves, une posture contestataire ou encore un problème de tenue, perçues comme non-républicaine.

Durant l’épidémie de coronavirus, les AED, avec les professeurs ont été en première ligne de cette crise, devant faire le maximum pour assurer non seulement la sécurité de tous et toutes mais également une continuité pédagogique et éducative afin d’aider au mieux les élèves dans leur scolarité ; le tout en essayant de suivre un protocole gouvernemental aussi absurde que déconnecté de la réalité et avec des moyens alloués bien en deçà des necessités. Exposés à des conditions déplorables, déjà compliquées sans la crise sanitaire, les AED se sont investis à tous les niveaux afin d’aider au maximum les élèves qui, trouvant dans les AED une figure rassurante, ont confié leurs angoisses liées à l’épidémie et leurs craintes quant à leur futur, liées à la plateforme ParcourSup.

Cependant, dans l’idée d’une école républicaine forte, chère au ministre Darmanin, les établissements, s’inscrivant surement au sein de directives académiques ou nationales, ont décidé de ne pas renouveler les contrats de celles et ceux qui s’étaient fait les porte-voix de ces conditions et qui avaient osé revendiquer ouvertement de meilleures conditions de travail ainsi que plus de reconnaissance de la part de l’éducation nationale, en demandant par exemple la titularisation des AED. Et ce, malgré des menaces plus ou moins explicites de la part des différentes directions. Les AED ont également tenu à rappeler leurs caractères vitaux au sein des établissements, qui ne peuvent fonctionner sans ces mains invisibles.

Dans certains cas, la tenue non-républicaine s’est même vue assénée comme argument envers des AED hommes portant du vernis, affirmant que ce n’était pas une tenue correcte pour représenter l’éducation nationale et que ce manque de « neutralité » pouvait freiner ou influencer la construction identitaire des lycéens, puisque ne répondant pas aux codes sociaux de paraître attribués aux hommes. Ce sexisme ouvertement défendu est l’exemple parfait du caractère jupitérien des directions des établissements sur l’avenir des AED, qui n’ont d’autres choix que de postuler dans d’autres établissements en espérant retrouver un poste.

Cette répression administrative s’inscrit effectivement dans un processus de plus grande ampleur dans laquelle le gouvernement a montré à de maintes reprises sa fermeture totale aux dialogues et aux discours des concernés. Appel aux forces de l’ordre pour réprimer les manifestations étudiantes et lycéennes contre ParcourSup et contre la réforme Blanquer du Bac, mise à pied de professeurs mobilisés, non renouvellement des contrats des AED grévistes, menaces explicites auprès des collègues, tous les moyens sont bons pour permettre au gouvernement des passer les mesures qu’il souhaite.

Dans ce sens, le collectif des AED/AP de Gironde a rédigé un communiqué, disponible sur leur page Facebook : « Collectif AED et AP de Gironde » afin de dénoncer cette répression anti-gréviste et revendiquant non seulement : « La réintégration de tous les AED non-renouvelés ayant participé à la grève et dont le non-renouvellement n’est pas lié à une faute professionnelle grave. » mais également : « La titularisation des AED dans le cadre de la fonction publique pour en finir avec les contrats courts. ».

L’organisation Révolution Permanente apporte tout son soutien aux AED réprimés pour avoir lutté pour de meilleures conditions de travail.




Mots-clés

AED   /    Education nationale    /    répression syndicale   /    Jean-Michel Blanquer   /    Grève   /    Emmanuel Macron   /    Répression   /    Notre classe