^

Politique

Casse sociale

Répression des chômeurs : Borne annonce une hausse des contrôles à Pôle Emploi

Après Macron hier, ce mercredi, Elisabeth Borne a surenchéri et indiqué que les contrôles sur les chômeurs allaient augmenter de 25% dans les six prochains mois, faisant peser la menace d'une suspension des allocations pour ceux qui ne feraient pas la démonstration d'une « recherche active ». La traque aux chômeurs et la chasse aux pauvres se poursuit.

mercredi 10 novembre

Crédits photo : Ludovic MARIN/AFP

Ce matin, Elisabeth Borne, la ministre du travail, a annoncé la mise en œuvre du discours du Président-Candidat Macron à propos, entre autres, des chômeurs. Au Micro de RTL, la Ministre déclarait : « les contrôles vont s’intensifier » et précisait : « Pôle Emploi a fait de l’ordre de 400.000 contrôles en 2019. Dans les six prochains mois, ils vont faire 250.000 contrôles. C’est une augmentation de 25%, spécifiquement sur des secteurs en tension » avant d’ajouter : « les conseillers de Pôle Emploi vont vérifier qu’un demandeur d’emploi répond à des offres, se rend à des entretiens, participe à des sessions de recrutement ou suit les formations proposées ».

Pour ce faire, 600 agents de Pôle emploi seront chargés de ces contrôles liés aux nombreux critères en vigueur depuis 2008. Critères comme le fait de ne pas accepter deux fois une offre « raisonnable » d’emploi. Notons que le terme « raisonnable » est laissé à l’appréciation de Pôle Emploi. Le but est double, d’abord donner des gages supplémentaires à la bourgeoisie comme exécutant très loyal de celle-ci, ensuite flatter l’électorat de droite perdu, secoué dans la gué-guerre des égos lors de la primaire LR. Évidemment, l’idée est bien de radier le maximum de chômeurs afin de préparer au mieux la campagne électorale en présentant de « bons » chiffres de l’emploi.

Cette mesure est déjà en place depuis 2008. Un chômeur peut perdre son allocution s’il refuse plusieurs offres. Mais en insistant sur cette question, Macron puis Borne mettent en avant une volonté d’intensifier la traque des chômeurs.

Le mandat Macron : une guerre contre les travailleurs

Cette sortie de Macron-Borne fait écho à la campagne scandaleuse menée de front par le gouvernement. Les chômeurs seraient des fainéants car il y auraient 300 000 offres d’emplois non couvertes et les travailleurs privés d’emploi seraient mieux payés à ne rien faire qu’en travaillant. En clair : les chômeurs seraient responsables ET coupables d’être au chômage. Ces déclarations visent à les stigmatiser, eux qui n’auraient qu’à traverser la rue pour trouver un emploi. Rappelons qu’il est faux d’affirmer que l’on gagne mieux au chômage et surtout que ce sont bien les patrons qui licencient afin d’accroître et de préserver leurs profits.

Le mandat de Macron se finira comme il a commencé, en menant une guerre sans relâche aux travailleurs et en premier lieu, aux plus précaires d’entre eux. Le candidat l’annonce, la contre-réforme des retraites succédera au détricotage du droit du travail, à la réforme de l’assurance-chômage, le tout accompagné du tout sécuritaire.

Ces contrôles et leur accélération font partie de la deuxième étape de la réforme dite de l’assurance chômage. Cette réforme précarise, appauvrit les privés d’emploi en baissant de fait le salaire journalier de référence (SJR), en augmentant le nombre de mois travaillés pour ouvrir les droits (6 mois sur 2 ans au lieu de 4 mois précédemment), en amenant encore plus de dégressivité des allocations.

Même d’après Les Échos, ces contrôles n’ont aucune efficacité, si ce n’est de radier. En effet, le journal explique : le premier bilan, réalisé fin 2017, avait fait ressortir que 86 % des personnes contrôlées avaient démontré qu’elles remplissaient bien leurs obligations. Sur les 14 % radiées in fine, seules 40 % étaient indemnisées par l’Unédic, les autres relevant du régime de solidarité (23 %) ou ne touchant plus rien (36 %). C’est dire la volonté de ce gouvernement de s’attaquer aux travailleurs, aux précaires et aux pauvres.

Les poches du patronat plutôt que les nôtres

Alors pourquoi tout cela ? Pour ne pas s’en prendre aux concernés des Pandora Papers. 11 300 milliards de dollars planqués dans les paradis fiscaux ? Combien de milliardaires français ? Combien d’entreprises françaises ? Pour ne pas s’en prendre à la cinquantaine de milliards d’euros de dividendes ou aux énormes profits des Total et autres multinationales ?

Notre camp a bien d’autres solutions pour combattre le chômage de masse comme la baisse et le partage du temps de travail, l’augmentation générale des salaires de 300€ et un SMIC à 1800 € net. Tout cela accroîtrait les ressources de l’assurance chômage. Au-delà, ce sont bien aux profits et aux dividendes qu’il faut s’en prendre !

Les solutions contre le chômage de masse se trouvent dans les poches du patronat et pas dans les nôtres déjà bien vides. Une perspective centrale dans la campagne d’Anasse Kazib aux présidentielles, une campagne pour porter une perspective différente pour les travailleurs, loin de la casse sociale et des attaques de la macronie.




Mots-clés

Réforme de l’assurance chômage   /    Macronisme   /    Emmanuel Macron   /    Chômage   /    Politique