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Politique

Répression des consommateurs de crack. Le mur de la honte de Lallement à la Villette

Le vendredi 24 septembre, la préfecture de police de Paris a fait ériger un mur Porte de la Villette à Paris. L’Etat entend ainsi empêcher les consommateurs de crack de rejoindre les villes voisines de Pantin et Aubervilliers. Une gestion policière qui ne répond en rien à l’urgence sociale et sanitaire des usagers de crack.

jeudi 30 septembre

Crédit photo : AFP

Le vendredi 24 septembre, la préfecture de police de Paris a fait ériger un mur Porte de la Villette, entre Paris et Pantin. Il s’agit de la dernière tentative répressive de Didier Lallement pour faire face à la circulation des consommateurs de crack dans le nord-est parisien.

Des habitants des communes de Pantin et d’Aubervilliers ont manifesté le mercredi 29 septembre pour réclamer la prise en charge des consommateurs et dénoncer l’attitude cynique de la préfecture qui se contente de déplacer le problème par la force.

En effet, depuis l’annonce de Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, d’évacuer les consommateurs de crack établis Porte de la Chapelle en novembre 2019, les opérations policières se sont succédées sans répondre à l’urgence sanitaire et sociale de cette population. Place Stalingrad, jardin d’Eole, tunnel Rosa Parks, depuis des mois les consommateurs de crack sont continuellement délogés.

Pendant ce temps, les promesses d’hébergement dans des hôtels ou des centres d’accueil ne sont pas tenues, pas plus que celles d’ouvertures de nouvelles salles de consommation à moindre risque.

Pourtant, seule une prise en charge sanitaire et sociale conséquente permettrait d’améliorer la vie des consommateurs de crack et des riverains qui refusent de voir leurs quartiers souffrir de l’incurie de l’Etat face aux pratiques addictives.

La réponse répressive de l’Etat face aux usagers de drogues trahit son refus de mettre les moyens nécessaires à la prise en charge des usagers de drogues. Les logements vides existent et doivent être réquisitionnés pour mettre à l’abri toutes celles et tous ceux qui dorment à la rue. Des moyens doivent être mis dans le suivi des usagers de drogues : d’une part pour les salles de consommation à moindre de risque qui permettent d’éviter des overdoses mortelles, d’autre part pour un suivi médical conséquent pour aider les usagers de crack à sortir de leur addiction.

Le cas des usagers de crack du nord-est parisien s’inscrit dans le cadre plus large de la « guerre à la drogue » menée en France depuis des décennies et réactivée avec un zèle tout particulier par Gérald Darmanin. Cette politique ignore les besoins sociaux et sanitaires des quartiers populaires pour y envoyer des policiers toujours plus nombreux et mieux équipés.

Face à cette attitude répressive, la sécurité doit être appréhendée dans toutes ses dimensions, à commencer par la satisfaction des besoins essentiels de population en matière de logement et de santé.




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