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Extrême-droite et police main dans la main

Répression policière. 3 manifestants contre l’extrême-droite blessés par balle en Suède

Depuis le 16 avril, des révoltes ont éclaté dans plusieurs villes en Suède, en réponse au groupuscule d’extrême-droite islamophobe Stram Kurs (« Ligne Dure ») qui organisait des « tournées » dans des quartiers à majorité musulmane pour y brûler le Coran. Or ce sont les contre-manifestations qui ont été durement réprimées par la police, et trois manifestants ont été blessés par balle.

mercredi 20 avril

© KEYSTONE/EPA/Stefan Jerrevang

Depuis quelques jours, le groupuscule d’extrême-droite anti-Islam et anti-immigration Stram Kurs (« Ligne Dure ») cherche à attiser la haine en faisant le tour de plusieurs villes de Suède, notamment dans les quartiers à majorité musulmane, pour brûler le Coran ou l’enrober dans des tranches de bacon. Ces « tournées » se sont succédé sans interdiction jusqu’à leur dernière apparition à Malmö (ville au sud du pays) dans un parking isolé au lieu de l’endroit initialement prévu (dans le quartier de Landskrona), pour “éviter les débordements”. En effet, la violence de ces coups d’éclat a provoqué d’importantes mobilisations dans une dizaine des villes suédoises.

Mais ces contre-manifestations ont été rapidement réprimées et depuis jeudi, déjà 26 personnes ont été arrêtées et plusieurs blessées, parmi lesquels trois manifestants blessés par balle.

Si la police affirme qu’ils ont été touchés par « des ricochets » suite à des coups de semonce, rien n’est moins sûr et l’état des victimes est encore inconnu, étant donné qu’elles sont actuellement en état d’arrestation.

Tout le récit autour des contre-manifestations tend à criminaliser la révolte et à diviser les manifestants entre « violents” et “pacifiques » et à surfer sur le sentiment anti-migrants. La police a justifié la répression par la « légitime défense », considérant avoir été la cible principale de ce qu’elle a qualifié d’"émeutes violentes", et a ainsi demandé plus d’effectifs aux forces de répressions. Elle a également suspecté les violences d’avoir été “appuyées depuis l’étranger”, sans désigner aucun pays mais sous-entendant de fait qu’il s’agirait de pays à majorité de confession musulmane. Comme s’il était nécessaire d’avoir des soutiens étrangers pour se mobiliser contre l’extrême-droite et sa banalisation, en ayant pour seule arme des cocktails molotov…

Des figures du gouvernement comme la première ministre Magdalena Andersson a condamné la violence et a pris parti pour « la liberté d’expression » : « en Suède, les gens ont le droit d’exprimer leur opinion, qu’elle soit bonne ou mauvaise, cela fait partie de notre démocratie ».

Cette prise de position est révélatrice non seulement de la coexistence pacifique des gouvernements avec l’extrême-droite, mais le passe-droit qui leur a été accordé pour disséminer leurs idées nauséabondes. Face à cette banalisation de l’extrême-droite, en Suède mais partout dans le monde, nous devons lutter contre son expansion mais aussi ceux qui lui laissent le tapis rouge… et répriment par balles celles•eux qui osent se lever et prendre la rue.



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