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Répression politique à l’école Pasteur : soutien aux professeurs et parents d’élèves mobilisés

Six professeurs militants syndicaux de l'école Louis Pasteur de Saint-Denis font l'objet de mutations forcées à la suite d'un article d'extrême-droite sur le gauchisme à l'école. Une répression politique scandaleuse dans la lignée de l'offensive parmise par Blanquer contre les équipes militantes du 93.

mercredi 6 avril

Ce lundi 4 avril l’équipe pédagogique de l’école élémentaire Louis Pasteur à Saint-Denis apprenait que six enseignants allaient subir une mutation forcée, au nom de « l’intérêt du service ». Ils et elles sont en effet convoquées lundi, mardi et jeudi prochain devant les services départementaux de l’Éducation nationale à Bobigny en vue de leur mutation. Une répression brutale visant 6 enseignants militants syndicaux (à Sud Éducation et au SNUIPP) qui constitue l’aboutissement d’une volonté de l’institution de reprendre en main une école connue pour son engagement pédagogique et militant. Un processus de mise au pas que dénonce Sud Éducation 93 dans son communiqué :

« Cette décision des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN 93) est la suite d’une série de maltraitances institutionnelles que nous subissons depuis des années, notamment pour notre attachement au fonctionnement collégial de l’école.
A la rentrée 2021, après une année sans direction d’école où l’équipe a dû porter seule les charges administratives, une nouvelle directrice a été nommée par la direction académique.
Très rapidement, celle-ci a mise en place des pratiques managériales allant contre le fonctionnement collectif et coopératif de notre équipe et ne prenant jamais en compte l’intérêt des enfants. empêchements à travailler (rétention d’informations, non accès au matériel et aux locaux), autoritarisme (non respect des décisions du conseil des maître·sses, interdiction de sorties) pressions psychologiques, humiliation devant parents et élèves, mensonges , diffamation et propos calomnieux, incitation auprès de parents d’élèves à produire des écrits ou même porter plainte contre des enseignant·es pour motifs calomnieux, et autres fautes professionnelles graves , comme la falsification des élections de parents d’élèves.
Alors que nous avons alerté notre hiérarchie de tous ses agissements et de la souffrance que cela engendrait au quotidien, la seule réponse de l’administration a été de diligenter une enquête administrative pour "climat scolaire dégradé" en décembre 2021. Nous avons alors dû subir, tout au long de celle-ci, des entretiens humiliants et à charge. »

Une répression politique visant à réprimer les militants et à mettre au pas les équipes du 93

Il s’agit en cela d’une répression pédagogique et politique dans la mesure où l’équipe enseignante travaille de façon collégiale et fait preuve par ailleurs d’un engagement féministe, animant des formations contre le sexisme. Un militantisme contre lequel Blanquer mène une répression féroce et une lutte idéologique à coup de dénonciations en « islamo-gauchisme » et de chasse aux « wokistes ». Un volet idéologique qui accompagne la néo-libéralisation du secteur et la généralisation de pratiques managériales, à l’image de la loi Rilhac qui consiste à faire du directeur d’école un supérieur hiérarchique.
Cette répression s’insère ainsi dans une offensive plus générale contre les travailleurs et travailleuses de l’éducation mobilisées contre les réformes néolibérales et contre l’offensive idéologique réactionnaire du gouvernement. Les professeurs militants du 93 font notamment l’objet d’une répression ciblée visant des équipes militantes et particulièrement celles en lutte contre les oppressions. Ainsi, Sud Éducation 93 était récemment l’objet de trois plaintes, deux de Blanquer et une émanant de parlementaires LR exigeant sa dissolution suite à l’organisation de stages en non-mixité raciale, tout comme les professeurs du lycée Angela Davis (Saint-Denis) étaient réprimés l’année dernière pour avoir dénoncé l’islamophobie.

En ce sens, cette répression constitue une nouvelle attaque scandaleuse contre des professeurs militants syndicaux et vise à mettre au pas la lutte contre les oppressions. Pour se faire le gouvernement n’hésite pas à faire appel… à l’extrême-droite. La directrice nommée par la direction académique entretient en effet des liens avec l’extrême-droite, et a été à l’origine d’une campagne de dénonciation du « gauchisme à l’école », portée par le magazine d’extrême-droite L’incorrect.
« On voit que l’État, le gouvernement et l’Éducation Nationale collaborent étroitement avec l’extrême-droite », dénonce Camille, professeure à l’école Pasteur et militante à Sud Éducation 93. « Nous dénonçons cette répression politique et on refuse que l’extrême-droite rentre dans l’école ! ».

Face à la répression, il est nécessaire de se mobiliser

Ce mardi, les professeurs, élèves et parents d’élèves de Pasteur étaient mobilisés contre cette répression : « Nous serons à partir de vendredi en grève reconductible jusqu’à l’annulation de cette décision, on ne lâchera pas ! On a le soutien d’élus et de parents d’élèves très massivement mobilisés », soulignait Camille.
Les professeurs mobilisés de Pasteur, réunis en Assemblée générale ce mardi, appellent également leurs collègues à se mettre localement en grève de soutien ce vendredi, à participer à un rassemblement devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) à 12h, et appellent à la grève à échelle du département mardi prochain.
Une pétition de soutien a par ailleurs été lancé.

Face à ces attaques, il est nécessaire de faire front commun et de se mobiliser massivement ! Soyons nombreux ce vendredi, à 12h devant la DSDEN de Bobigny pour s’opposer aux mutations forcées et aux intimidations.
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