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Répression syndicale : Vitesco Technologies licencie 3 salariés pour avoir critiqué l’entreprise

Suite à leur prise de parole lors d’un atelier « environnement, sécurité et hygiène », 3 salariés et anciens élus syndicaux de l’entreprise Vitesco Technologies ont été licenciés pour « faute grave ». Des licenciements pour l’exemple qui servent à intimider les salariés qui oseraient critiquer l’entreprise, dans un contexte de réduction des effectifs et de dégradation des conditions de travail.

vendredi 29 octobre

Le 18 septembre dernier, Thomas Vialettes, Richard Fitoussi et Ciaran Cullen, salariés de l’entreprise automobile Vitesco Technologies, une entreprise d’automobiles, ont assisté aux ateliers « environnement, sécurité et hygiène » organisés par l’entreprise en partenariat avec Véolia. Ils y ont notamment dénoncé le greenwashing de Vitesco et le nouveau plan sur les risques psychosociaux de la médecine du travail, qui responsabilise davantage les salariés en souffrance. Ces interventions ont rapidement attiré l’attention de la direction, qui leur a répondu par une mise à pied conservatoire avec retenue sur salaire. Ils ont par la suite reçu, le 14 octobre, leur lettre de licenciement pour « faute grave », justifiée par l’entreprise par une soi-disant « atteinte à l’image de la société » et « une attitude dénigrante et constamment rebelle ». Une réussite, donc, pour des ateliers supposés favoriser « l’échange » et où toute opposition se trouve finalement réprimée !

Dans un communiqué paru le 22 octobre dernier, la CGT dénonce, des licenciements pour « délit d’opinion », qui visent à instaurer un climat d’intimidation auprès des travailleurs. Via ce « management par la peur », la direction souhaite ainsi faire taire toute forme de contestation ou d’opposition au discours officiel de l’entreprise. Par ailleurs, la CGT met en avant que de nombreux salariés ont fait remonter des incivilités de la part de responsables d’équipe, dénonciations qui, elles, n’ont reçu aucune réponse de la part de la direction. Deux poids, deux mesures, donc, dans le traitement des comportements jugés « dénigrants ». Ces techniques de répression ne sont pas nouvelles pour Vitesco Technologies, qui a déjà été condamné à de nombreuses reprises pour des pratiques de discrimination syndicale. [Le dernier procès avait notamment été porté par 5 salariés, parmi lesquels Richard Fitoussi et Ciaran Cullen, et avait donné lieu à une condamnation de l’entreprise par la Cour d’Appel de Toulouse. Ces trois licenciements constituent donc une nouvelle attaque envers les syndicats, et plus largement envers toute action contestataire, et s’inscrivent dans la continuité de la politique managériale de Vitesco Technologies.

Par ailleurs, ces licenciements sont à replacer dans un contexte plus large de réduction des effectifs et de diminution des conditions de travail impulsées par l’entreprise. L’année dernière, elle avait notamment imposé un gel des salaires ainsi qu’un plan de réduction des effectifs, alors qu’aucun motif économique ne justifiait de telles mesures. Cette réduction concernait en priorité les salariés proches de la retraite mais comportait également un arrêt des contrats pour une centaine d’intérimaires et de sous- traitants. Suite à ces décisions, c’est une hausse de la charge de travail et une dégradation des conditions de travail des travailleurs qui ont été observés.

En pleine crise économique, ces pratiques sont monnaies courantes : les entreprises n’hésitent pas à recourir à la répression syndicale et les patrons d’entreprise sont déterminés à ne céder aucune amélioration des conditions de travail. Il est essentiel de dénoncer l’intégralité de ces politiques répressives et d’exprimer soutien et solidarité envers les travailleurs qui les subissent !

Un appel à soutien pour Thomas Vialettes, Richard Fitoussi et Ciaran Cullen a notamment été lancé via pétition en ligne.




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