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Soutien aux raffineurs !

Réquisition des grévistes d’Exxon : le mouvement ouvrier doit réagir

Hier après-midi, Elisabeth Borne annonçait à l’Assemblée nationale qu’une procédure de réquisition des grévistes était lancée contre les grévistes d’ExxonMobil, en grève reconductible depuis trois semaines. Une attaque qui appelle à une réaction d’ampleur du mouvement ouvrier.

mardi 11 octobre

Crédits photos : O Phil des Contrastes / Grève à Grandpuits en 2021

Après trois semaines de grève chez Exxon et deux semaines de grève chez Total, le gouvernement a décidé d’en finir avec les grèves des raffineurs avec la méthode la plus autoritaire qui soit : la réquisition des grévistes par les préfets. Après moins d’une semaine d’atermoiements, le gouvernement, qui refusait encore ce week-end l’option des réquisitions, a décidé après une réunion de crise à Matignon lundi soir de lancer la procédure : « J’ai demandé au Préfet d’engager (…) la procédure de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement des dépôts de cette entreprise », a-t-elle annoncé à l’Assemblée Nationale.

Depuis plusieurs semaines, les raffineurs sont en grève contre des multinationales dont les profits exorbitants se chiffrent en milliards et qui refusent de laisser la moindre miette à leurs salariés. Le gouvernement a rappelé, une fois de plus, de quel côté il se positionnait, celui des patrons du CAC 40. En lançant cette procédure, qui menace de prison tout gréviste refusant de se plier à la réquisition, le gouvernement fait une nouvelle fois fi du droit de grève. Les grévistes d’ExxonMobil ne s’y sont pas trompés : «  le gouvernement veut bafouer un droit constitutionnel, c’est incroyable et écœurant » a dénoncé à notre micro Germinal Lancelin, de la CGT ExxonMobil.

Face à cette attaque en règle contre le mouvement ouvrier, qui rappelle les méthodes de Sarkozy en 2010 lorsqu’il avait lui aussi réquisitionné les raffineurs en grève, la réponse du mouvement ouvrier doit être unanime et sans faille : il faut soutenir les raffineurs contre le gouvernement. Ce gouvernement, qui veut nous faire travailler plus longtemps avec la réforme des retraites, montre une nouvelle fois sa méthode : celle de la répression, de la matraque et de la prison.

D’ores et déjà, de nombreuses organisations syndicales se sont solidarisées avec les grévistes, à commencer par la fédération chimie de la CGT (FNIC-CGT), l’UL CGT du Havre et les dockers du port de Marseille. Les havrais ont d’ailleurs appelé « toutes [leurs]bases, tous [leurs] militants » à venir soutenir les grévistes d’Exxon sur leurs piquets. Le mouvement ouvrier et toutes leurs organisations doivent élargir le soutien face à cette attaque autoritaire du gouvernement et tout faire pour que la grève chez Exxon continue jusqu’à la victoire.

Finalement, c’est la direction de la CGT qui est sortie d’un long silence sur le mouvement et a appelé « toutes ses organisations à soutenir massivement les salariés des raffineries, en se rendant sur les piquets de grève ou en manifestant devant les préfectures ». Elle a finalement annoncé suspendre toute participation aux réunions de concertation avec le patronat et le gouvernement. Des déclarations d’intentions qui doivent maintenant être suivies de faits, à commencer par l’arrêt total de toute concertation avec un gouvernement qui montre une fois de plus son visage, et la construction d’un plan de bataille national pour des augmentations de salaires et contre la réforme des retraites à venir.



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