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Jeunesse

Domino’s : licenciés pour avoir refusé de travailler dans des conditions sanitaires dangereuses

A Pau, plusieurs travailleurs précaires d’une enseigne Domino’s Pizza risquent d’être licenciés pour avoir refusé de retourner au travail le 8 avril alors que les conditions sanitaires ne leur paraissaient pas réunies

mardi 12 mai

Credit photo : AFP

A Pau, plusieurs travailleurs précaires d’une enseigne Domino’s Pizza risquent d’être licenciés pour avoir refusé de retourner au travail le 8 avril alors que les conditions sanitaires ne leur paraissaient pas réunies.

Comme le révèle le journal Sud-Ouest, dans un Domino’s Pizza à Nantes, des salariés sont menacés de licenciement pour avoir refusé une reprise du travail dans des conditions sanitaires « dangereuses ». Des jeunes précaires mis sur le banc de touche pour avoir simplement revendiqué des conditions de travail sécurisées.

Hicham Immas, un des travailleurs qui risque de perdre son travail est excédé : « Depuis un mois, je ne dors plus, ça ne fait que tourner dans ma tête. On a le droit d’être respecté, on est des humains, pas des chiens ! ». Lui, qui a des proches malades a seulement voulu se protéger et protéger son entourage.

Une reprise à marche forcée que leur patron voulait le plus tôt possible pour ne pas perdre d’argent pendant la crise au mépris de la vie de ces jeunes salariés précaires. Aujourd’hui, il est prêt à les sacrifier. « Là, on a l’impression qu’il faut accepter à tout prix leurs conditions, sinon on dégage » explique encore Hicham.

D’abord arrêté au début de la crise, la pizzeria devait, en effet, rouvrir pour le 8 avril mais les travailleurs ont protesté face aux conditions sanitaires. Fin avril, ils ont reçu des convocations pour un entretien de licenciement.

L’ancien manager qui doit aussi être licencié, Rédouane Bensouna raconte lui à Sud-Ouest : « On était d’accord pour un retour, mais dans des conditions adaptées » confirme le futur ex-manager, Redouane Bensouna. « Aucune distance de sécurité n’était prévue. »

Les travailleurs précaires ont été en première ligne face à cette crise et dans ce Domino’s Pizza comme ailleurs, on compte la leur faire payer. Dans certains McDonald ils ont été forcés de travailler comme dans la livraison pendant l’entièreté de la crise. Des chaines de restauration rapide qui ne reculent pas devant le risque pour leurs travailleurs s’ils peuvent faire du profit.

Entre les jeunes en première ligne de la crise, obligés de travailler et ceux qui perdent leur travail ou leur revenu, beaucoup de précaires servent de ligne d’ajustement face à la crise économique pour le patronat. Des licenciements à la chaîne non réglementaires pour des droits de retrait, aux primes non versées dans la grande distribution, aujourd’hui ils sont clairement attaqués. Il s’agit donc pour eux de s’organiser et pour nous de les soutenir dans la lutte pour des conditions de travail dignes, l’application des mesures sanitaires mais aussi contre les licenciements ou pour un revenu mensuel pour les plus précaires.




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