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Jeunesse

Restitution de l’enquête étudiante à Bordeaux Montaigne : commencer à s’organiser contre l’isolement et la précarité

Ce vendredi, l’association étudiante Onzième Thèse organisait une restitution à l’attention de l’ensemble des étudiants, de l’enquête menée sur le campus de Bordeaux Montaigne, dont les résultats éclairent sur l’importance des difficultés économiques, de vie et d’études des jeunes. Un premier pas vers la constitution de comités, pour sortir de l’isolement auquel est cantonnée la jeunesse, et commencer à s’organiser contre la précarité.

lundi 1er mars

Alors que la détresse étudiante a récemment été commentée par les médias, une enquête spécifique à la faculté Bordeaux Montaigne à l’initiative des organisations de jeunesse réaffirme qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais bien d’une réalité que l’on retrouve sur les différents campus.
Sur les 18 000 étudiants que compte cette faculté de sciences humaines, 4730 ont accepté de répondre au questionnaire sur leurs conditions de vie et d’études. 66% révèlent ainsi avoir rencontré des difficultés à l’annonce du reconfinement, d’ordre financier, médical, ou encore familial. Ce vendredi se tenait une restitution des résultats adressée à tous les étudiants, à laquelle une soixantaine ont assisté afin de discuter d’une issue à la situation.

Les étudiants entre précarité, démotivation et isolement

L’investigation menée à une large échelle permet de mieux comprendre l’impact de la gestion catastrophique de la crise sanitaire sur la jeunesse étudiante. Malgré la reprise timide de quelques cours en présentiel fin janvier, la plupart des étudiants ont été maintenus éloignés des bancs de l’Université depuis le second confinement. Une situation qui renforce leur isolement, confrontés aux difficultés de l’enseignement à distance, à la précarité économique ou encore aux problèmes de logement.

En effet, un nombre important d’étudiants subit de plein fouet la crise économique : parmi les répondants, 7% déclarent par exemple avoir perdu leur job et a contrario 15% se sont vu augmenter leurs heures et charge de travail, remettant fortement en question leur parcours. Concernant les enseignements, la moitié des étudiants déclare également avoir songé à arrêter leur cursus par démoralisation, et 75% disent appréhender fortement le second semestre.
Le nombre d’étudiants ne possédant même pas un toit est lui aussi particulièrement inquiétant : 50 rien que sur les quelques 4700 répondants, pour qui il a déjà dû être difficile d’accéder à l’enquête. Une donnée qui laisse présager l’ampleur du phénomène parmi les 18 000 étudiants de la faculté et les quelques cent mille que comptent les différents sites de Bordeaux.

Cette enquête doit être un appui pour prendre la mesure de la situation et y apporter des réponses communes afin de rompre avec l’isolement psychologique, social et politique des jeunes. Nous devons nous organiser autour de revendications telles qu’un revenu étudiant à la hauteur du SMIC, pour qu’aucun n’ait à abandonner ses études à causes de problèmes économiques, alors même que le gouvernement inonde les grandes entreprises de milliards de subventions. Mais aussi pour un logement pour tous, en revendiquant la réquisition des logements vides, et plus de moyens pour l’Université afin de garantir la reprise des enseignements autour d’un plan sanitaire cohérent, discuté par les premiers concernés : les étudiants, enseignants, et travailleurs des facultés.

Face aux réponses dérisoires proposées par le gouvernement et les présidences d’Universités, il est nécessaire de prendre nos affaires en mains. Alors même que les tentatives de suicide d’étudiants se multiplient, la ministre Frédérique Vidal préfère détourner l’attention au travers de la lutte contre « l’islamo-gauchisme » dans l’Enseignement supérieur, énième offensive contre la recherche.

S’organiser contre une gestion universitaire toujours plus antidémocratique

Du côté de la présidence de l’Université Bordeaux Montaigne, tout en exprimant sa volonté de lutter contre la détresse étudiante, celle-ci a bloqué à diverses reprises les propositions des élus étudiants dans les conseils centraux (CA et à CFVU) demandant une modification des modalités d’examens. En effet, souhaitant prendre en considération la volonté des étudiants (qui estiment à 88% ne pas se sentir suffisamment consultés), les organisations étudiantes ont souhaité porter la validation automatique de l’année, afin qu’aucun élève ne soit mis de côté à cause de la faim. Une revendication majoritaire au sein des étudiants, mais que la direction n’a pas permis qu’elle ne soit ne serait-ce que soumise au vote !

Face à cette impasse, des comités de lutte sont en train d’être mis en place, afin de défendre un programme contre la précarité étudiante au travers d’un plan de bataille. En effet, nous n’attendrons pas que des étudiants mettent à nouveau fin à leur jour pour réagir : la situation demande une réponse immédiate. Cela ne passera ni par les lives de youtubeurs avec le gouvernement, ni par la discussion dans le strict cadre des conseils mais par l’auto-organisation des étudiants, enseignants et personnels afin d’imposer nos revendications.

En ce sens, un premier repas solidaire et convivial aura lieu mardi 9 mars à 12h sur le parvis de Montaigne pour se retrouver, s’organiser et lutter ensemble ! Là-encore la Présidence nous refuse l’accès aux lieux et au matériel nécessaires pour nous organiser, souhaitant couper l’herbe sous le pied aux étudiants qui n’acceptent plus d’être la génération sacrifiée à une sélection sociale de plus en plus aigüe et à la précarité.

Si tu veux rejoindre les comités de lutte contre la précarité étudiante, contacte-nous, en t’inscrivant avec ce formulaire !




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