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Société

La justice (de classe) l'admet ouvertement

"Rétablir l’autorité des forces de l’ordre." La condamnation des frères Traoré officiellement politique !

C'est Médiapart qui a lâché la bombe, et elle risque de faire grand bruit. Si la condamnation des frères Traoré était, sans nul doute, politique, il s'agit désormais d'une officialisation. En effet, la présidente du tribunal de Pontoise, Dominique Andreassie, a motivé la sévérité des peines au motif de... "rétablir l'autorité des forces de l'ordre". Julian Vadis

lundi 16 janvier 2017

Une condamnation pour l’exemple

Si, en ces temps de crises sociale et économique, les masques tombent plus facilement, la justice a décidé d’afficher clairement son caractère de classe. En effet, Mediapart a révélé le cheminement qui a conduit la présidente du tribunal de Pontoise, Dominique Andreassie, à condamner lourdement les frères Traoré, en lutte depuis cet été pour réclamer justice pour Adama. « Ce type de comportement démontre un affranchissement par l’intéressé des lois de la République et son mépris de l’autorité de ceux qui sont là pour les faire respecter, ainsi qu’un désir de faire de la ville de Beaumont-sur-Oise une zone de non-droit où ni la police municipale ni la gendarmerie ne pourront exercer leur action [...] Dans ces conditions, seule une peine de prison d’un quantum significatif sera de nature à lui faire prendre conscience de la gravité des faits et à rétablir, par son caractère exemplaire, l’autorité des forces de l’ordre… » C’est officiel, Youssouf et Bagui Traoré ont été condamnés pour l’exemple !

En plus de cette prise de position qui dévoile clairement le caractère de classe de la justice républicaine, plusieurs éléments mettant en doute la responsabilité des frères Traoré dans les faits qui leurs sont reprochés. Les incohérences policières tout d’abord, puisqu’une policière a affirmé que l’un de ses collègues avait reçu plusieurs coups de pied, alors que, dans le même temps, ce dernier a indiqué que ce n’était pas le cas. Ou bien encore le fait qu’aucun témoin sur place n’a pu clairement identifier Bagui et Youssouf Traoré comme étant responsable des faits. En somme, le tribunal omet ouvertement tout élément allant à l’encontre de l’objectif affiché du procès : celui de charger un maximum Youssouf et Bagui, engagés depuis plusieurs mois dans une lutte acharnée pour obtenir justice pour leur frère Adama, mort dans un commissariat de police l’été dernier. Une affaire devenue depuis un véritable scandale d’État, que la justice tente aujourd’hui d’étouffer.

Libérez Bagui ! Amnistie pour les Traoré et Justice pour Adama !

Condamnation pour les Goodyear et pour les militants anti loi-travail, répression anti-syndicale : la justice nous offre, sans aucun complexe, son réel visage. Celle d’une institution au service des classes possédantes, elle qui, dans le même temps, a expédié le dossier Christine Lagarde, jugeant que les plus de 400 millions offerts à son ami Bernard Tapie relevaient de la "négligence".

Ce scandale en bonne et due forme sonne comme une de piqûre de rappel. Il s’agit aujourd’hui de rassembler notre camp social autour d’un front de défense contre la répression et pour préparer les batailles à venir. Dès à présent, il est indispensable que les militants des quartiers populaires, la jeunesse et les organisations ouvrières réclament la libération immédiate de Bagui Traoré et son amnistie, ainsi que l’abandon des charges retenues à l’encontre de son frère Youssouf. Il s’agit là d’une revendication immédiate qui s’inscrit dans le combat qui se poursuit pour réclamer Justice pour Adama et toute les victimes des violences policières.

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Mots-clés

Adama Traoré   /    #JusticeDeClasse   /    Société