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Politique

Les températures baissent pas la grève des examens

Rétention des notes : les profs déterminés à faire plier Blanquer !

Après la grève du bac du 17 juin dernier, de nombreuses AG de diverses académies ont voté pour une rétention des notes du baccalauréat. Une pression supplémentaire pour Blanquer dans ce bras de fer avec les enseignants.

lundi 1er juillet

Crédit photo : twiter de Unbacdebacle

Déjà historique en soi, la grève du bac du 17 juin dernier a montré que les enseignants n’entendent pas baisser la tête face à un gouvernement qui les méprise et face à des réformes menées au pas de charge. Depuis l’instauration de parcoursup jusqu’à la violente mise au pas des jeunes de Mantes-la-Jolie, de la réforme du bac et du lycée jusqu’à la loi Blanquer de l’école de la confiance, les attaques du gouvernement contre les jeunes et le service publique d’éducation n’ont pas cessé de pleuvoir ces dernières années.

Dans la foulée d’une année qui aura vu successivement le #Pasdevague dévoiler les conditions de travail dégradées des enseignants, les stylos rouges mettre à jour la grogne dans tous les secteurs de l’éducation, la grève du bac et la rétention des notes apparaissent comme la continuité d’un raz-le-bol généralisé des enseignants. Parti des AG de professeurs de philosophie, l’idée de retenir les notes s’est imposée face au silence et au mépris de Blanquer lors de la grève du 17 juin dernier. Le matin même, le ministre de l’Éducation nationale minorait la grève au micro de France Inter en parlant de 5% de grévistes et faisait une grimace pour dénigrer le mouvement de grève. Si ce dernier n’a effectivement pas réussi à bloquer le bac ce jour-là, il n’en est pas moins déterminé à se faire entendre. La perspective de rétention des copies s’est donc imposées comme la seule alternative pour que Blanquer écoute enfin ceux qui depuis des mois sont en lutte contre ses réformes.

A l’heure actuelle, plusieurs disciplines ont tenu des AG dans les différentes académies et se sont prononcées pour ou contre la rétention des notes et la grève des conseils d’attribution du baccalauréat. Selon la recension en ligne menée par Unbacdebacle, ce sont déjà plus de 110 000 copies qui vont être retenues lors de cette semaine. Sachant qu’un candidat sans note a une de ses matière pour cause de rétention de la note ne peut se voir attribuer son baccalauréat, ce sont près d’un lycéen sur quatre qui risque d’être touché par cette action. En effet, 397 823 bacheliers de filières générales ont rendu leurs copies. 110 000 notes retenues cela ferait 28 % de lycéens qui se verraient impacter. Avec de tels chiffres, le mouvement a vraiment de quoi faire dérailler le bac et imposer au ministre un rapport de force.

Concrètement, les enseignants qui ne vont pas rendre leurs copies ne vont pas rentrer leurs notes dans le logiciel où elles sont consignées ni se rendre aux jurys de délibération qui attribuent le bac et les mentions. Ainsi, à partir du mardi 2 et du mercredi 3 juillet, le jour varie selon les académies, des enseignants seront en grève et bloquerons le bon déroulé de l’attribution du bac. La question de la durée du mouvement s’est dès lors posée en AG. Jusqu’à quand faire durer le rétention ? Faut-il seulement faire trembler le ministre ou bien faire dérailler le bac ? Il semble qu’au vue de la gravité de la situation, il ne soit pas envisageable de faire autrement que de bloquer le bac jusqu’à en faire différer la proclamation.

Blanquer a su contourner la mobilisation du 17 juin lors de la grève de la surveillance des épreuves de philosophie en convoquant une réserve conséquente de surveillants pour les épreuves. Il ne doit pas une fois de plus pouvoir minorer la gronde qui règne dans les rangs de l’Éducation nationale. La grève, si elle veut avoir des chances de l’emporter, ne doit pas se limiter à une action symbolique et doit durer jusqu’au jeudi 4 juillet au moins pour retarder les résultats censés être dévoilé le vendredi 5 juillet. Une action qui prendrait fin le mercredi et ne repousserait pas les jurys du 4 juillet ne serait d’aucune utilité face à Blanquer et à sa politique.




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