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Politique

Retour au travail forcé ? Le RN veut forcer les détenus à fabriquer des masques

Le Rassemblement National propose à l'Assemblée Nationale d'obliger les détenus à produire des masques. Une nouvelle proposition des plus réactionnaires du parti d’extrême-droite qui rappelle le travail forcé alors que le travail en prison n’est plus "obligatoire" depuis 1987 même si la réalité est tout autre payé avec un salaire de misère.

jeudi 30 avril

Crédits photos : AFP/Carlo Hermann

Face à la pénurie de masques, les députés RN Marine Le Pen, Sébastien Chenu, Louis Aliot, Ludovic Pajot, Nicolas Meizonnet, et Bruno Bilde ont déposé une proposition de loi à l’Assemblée Nationale ce mardi 28 avril, dans laquelle ils estiment qu’il « apparaît de bon sens de recourir massivement aux détenus afin de participer à l’effort de guerre en fabriquant des masques », que ce travail soit obligatoire comme le rapporte aussi BFM-TV pour les toutes les « personnes détenues valides » parmi les plus de 61.000 prisonniers enfermés dans les prisons françaises, et que « les revenus générés par l’activité des personnes détenues [soient] affectés en priorité au financement de l’effort national, à l’indemnisation des victimes des catastrophes ou des événements ayant entraîné la déclaration d’état d’urgence ». En d’autres termes que les détenus soient obligés de travailler.

Selon le directeur de l’Administration Pénitentiaire, 6.000 masques sont produits chaque jour dans les prisons françaises (dont un tiers à destination du personnel carcéral), par des détenus dont la paie peut être bien inférieure au SMIC, le salaire minimum en prison s’élevant à 1€60 par jour, soit déjà presque rien. C’est pourtant à eux que le Rassemblement National veut faire payer le prix de la crise sanitaire, qu’ils payent déjà au centuple dans des prisons vétustes, sans eau. Plus encore le RN utilise comme à son habitude une rhétorique islamophobe prétendant que « 130 islamistes radicalisés » auraient été libérés depuis le début du confinement pour justifier sa proposition de rétablir le travail forcé des prisonniers et ceux alors même que l’exploitation des détenus est déjà massif.

Face à la pénurie de masque, la seule solution c’est avant vers le grand patronat qu’il regarder pour exiger l’arrêt de la production non-essentielle pour permettre la réquisition des stocks de masques des entreprises nécessaires à la lutte contre la pandémie. En effet, Airbus, Dassault, Michelin ou PSA ont fourni plus de masques à leurs salariés pour rouvrir leurs usines, que ce que l’Etat n’en fournit aux soignants dans les hôpitaux. Et ensuite c’est d’imposer par le contrôle ouvrier la reconversion de toutes ces usines non essentielles pour produire du matériel médical et des masques pour lutter contre l’épidémie. Une solution qui permettrait de lutter contre la pandémie tout en assurant le maintien du salaire de tous les travailleurs.

Mais ça, le Rassemblement National n’en veut pas, puisqu’elle ne veut en aucun cas s’opposer au grand patronat. Sa préoccupation est la même que celle du gouvernement : déconfiner le pays à marche forcée dès le 11 mai, pour relancer la machine économique et la pompe à profit du grand patronat qui vise à faire payer la crise sanitaire aux plus pauvres, afin d’assurer les profits des plus riches.




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