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Notre classe

AP-HP, une chronologie

Retour sur la mobilisation des hospitaliers

Christian Grosz Bien avant le 14 avril 2015, date du vote en 1ère lecture au parlement du « projet de loi de modernisation du système de santé », la grogne montait dans de nombreux hôpitaux de Paris et de province. Déjà, le 23 septembre 2014, la « Convergence des hôpitaux en lutte contre l’hôstérité », notamment sous l’initiative de militants de SUD Santé Sociaux, avait appelé à une manifestation nationale à Paris. Sans compter sur le soutien de la CGT Santé, cette manifestation n’avait rassemblé qu’un petit millier de manifestants. L’ancienne direction de la fédération CGT ayant été défaite lors du congrès de mars 2015, des possibilités de mobilisation unitaires s’ouvraient alors et n’allaient pas tarder à se matérialiser.

mercredi 24 juin 2015

Les raisons de la colère

Depuis des années la situation dans les hôpitaux publics ne cessait de se dégrader. Budgets en baisse ne couvrant pas les dépenses nécessaires ; restructurations, diminution de l’offre de soins et de la masse salariale ; suppression de postes et de services ; horaires et conditions de travail de plus en plus insupportables pour le personnel soignant, technique et administratif.

Le projet de loi Touraine, qui passera fin septembre au Sénat, ne fait que renforcer la dégradation des conditions de travail du personnel et, en conséquence, la qualité des soins dispensés aux patients. Les « Groupements Hospitaliers de Territoire » (GHT) vont démanteler les petites structures de proximité au profit des gros établissements. Les mesures du plan triennal impliquent 10 milliards d’économie sur l’assurance maladie, dont 3 sur les hôpitaux. 

A l’AP-HP, les conditions de travail sont devenues de moins en moins supportables : les 75.000 salariés (hors médecins) disposent théoriquement de 18 à 20 jours de RTT par an car ils travaillent officiellement, 38 ou 39 heures par semaine. En réalité, du fait du manque de personnel, ils travaillent beaucoup plus, enchaînant parfois un service de jour et un service de nuit. Pour les mêmes raisons, ils ne peuvent pas prendre leurs jours de RTT qui finissent par s’entasser sur des « comptes épargne-temps » que le directeur de l’AP-HP, Martin HIRSCH, veut désormais remettre à zéro. S’ils étaient payés, les jours de RTT cumulés représenteraient une somme de 74,7 millions d’euros.

Chronologie de la mobilisation

21 et 28 mai, 11 et 18 juin : 4 journées de grève et de rassemblements/manifestations devant la direction de l’AP-HP et le ministère de la santé.

Dès le premier rassemblement, le 21 mai c’est la détermination et la volonté d’unité qui sautaient aux yeux : plusieurs milliers de salariés grévistes, dont beaucoup portaient leurs badges syndicaux (CGT, SUD, FO, CFDT, UNSA), unis au coude à coude et derrière des banderoles unitaires de leurs hôpitaux, scandaient les mêmes slogans contre le plan HIRSCH : « Ni amendable, ni négociable : RETRAIT ! », « Tous ensemble, tous ensemble : grève ! grève ! ». Les camionnettes syndicales munies de sonos ont fait en sorte, par des prises de parole interminables, que le rassemblement ne parte pas en manifestation.

Le 28 mai, au cours du 2ème rassemblement, la pression des manifestants a fini par imposer un départ en manifestation au ministère de la santé, ce qui n’était pas prévu par l’Intersyndicale.

Le 11 juin, plus de 10.000 salariés se retrouvaient devant la direction de l’AP-HP rue Victoria, puis partaient en manifestation en direction de l’Elysée. Le slogan « Grève générale dans tous les hôpitaux ! » était largement repris. Des hospitaliers ont été matraqués et gazés aux abords de l’Elysée.

Le 18 juin, alors que la réunion secrète entre Martin HIRSCH et l’Intersyndicale avait déjà eu lieu, l’ensemble des manifestants - certes, moins nombreux que le 11 juin - scandait « Pas de négociations ! retrait ! ». Un panneau encadré par 2 drapeaux syndicaux, un de SUD, un de la CGT, sur lequel était collée une couche souillée et 2 affichettes affirmant « Hirch, ton plan c’est de la m… ! » était fixé sur la façade de la direction de l’AP-HP.

le 25/06/2015




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