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Politique

Casse de la retraite

Retraite à 65 ans : Macron prépare une offensive sociale générale pour l’après 2022 !

Alors qu’il a officialisé sa candidature vendredi dernier, Emmanuel Macron commence à dessiner le contour de nouvelles offensives anti-sociales pour l’après 2022. Selon les Echos, le candidat penserait notamment à repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans.

mercredi 9 mars

Crédit : THOMAS SAMSON / AFP

A cinq semaines du premier tour, les contours de la nouvelle attaque d’Emmanuel Macron sur les retraites commenceraient à se préciser. Selon les Echos, le président-candidat envisagerait de repousser l’âge de départ à 65 ans. Si Macron avait été contraint d’abandonner la première réforme du système par point sous la pression d’un mouvement de grève historique puis dans un contexte de pandémie, le projet de réforme des retraites, n’a lui jamais été enterré.

Macron avait annoncé la couleur vendredi dernier lors de l’annonce de sa candidature : « il faudra travailler plus ». C’est ce qu’il compterait concrétiser selon des sources proches du dossier en cherchant à reculer l’âge de départ à 65 ans afin de « financer notre modèle social ». Fini l’âge pivot, il s’agirait pour Macron de viser « une réforme plus facile à actionner et permettant de réaliser des économies assez rapidement », selon Les Echos.

Comme l’explique les Echos, le passage à « l’âge minimum à 65 ans ne se fera pas en un quinquennat. Selon plusieurs sources, le rythme privilégié serait de quatre mois cotisés supplémentaires pour chaque génération, soit neuf ans de transition. Si la réforme entre en vigueur en 2023, elle sera achevée en 2032. Cette cadence s’est imposée comme une « évidence », pour aller vite mais en évitant de pousser à cinq mois. »

Ainsi la contre-réforme se précise. Si l’augmentation de l’espérance de vie est réelle, et que la bourgeoisie en fait son principal argument pour justifier l’allongement du temps de travail, celle-ci est loin de se faire en bonne santé, surtout pour les ouvriers. D’autant plus, selon les Echos, qu’ au sein du gouvernement on parlerait uniquement « d’usure professionnelle » et non de « pénibilité, qui renvoie à un dispositif en particulier ».

A cinq semaines du premier scrutin, cela relèverait aussi d’une manœuvre tactique pour Emmanuel Macron afin de couper l’herbe sous le pied à Valérie Pécresse qui souhaite repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans. De cette manière, le candidat à sa réélection cherche à consolider sa base électorale à droite dans une séquence où il ne cesse de grimper dans les sondages… au contraire de la candidate des Républicains en chute libre depuis quelques semaines.

Ce n’est pas une surprise, Macron veut remettre sur la table une réforme centrale pour la classe dominante et prépare par là sa grande offensive antisociale post 2022, reste à savoir encore quelle forme celle-ci prendra précisément. Ce qui est certain, c’est que si notre classe doit retenir une chose du premier échec de Macron sur le passage de la réforme des retraites et son report, c’est bien que ce recul ait été indissociable du rapport de force imposé par une partie du mouvement ouvrier. A l’heure où la guerre en Ukraine vient largement renforcer l’inflation, l’augmentation du prix des énergies – qui avoisine les 2 euros à la pompe pour l’essence –, des produits de première nécessité, mais aussi la colère latente sur le pouvoir d’achat des travailleurs, le contexte social dans lequel la classe dominante va relancer ses offensives est profondément explosif. Ainsi, s’ils ont échoué une première face à la mobilisation de notre classe, rien n’interdit que le prochain gouvernement ne se retrouvera pas à nouveau mis en échec par la mobilisation sociale.



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