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Offensive antisociale

Retraites. Le gouvernement reste inflexible : intensifions la mobilisation pour le faire reculer !

Ce lundi, le projet de réforme des retraites était présenté en Conseil des ministres. Si le gouvernement a adouci le ton après la mobilisation de jeudi et multiplie les arguments pour vendre sa réforme, il n’entend pas céder d’un pouce sur l’essentiel : nous faire travailler plus longtemps.

Paul Morao

23 janvier 2023

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Ce lundi, la réforme des retraites était présentée devant le Conseil des ministres, deux semaines avant l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale et quelques jours après une mobilisation massive contre cette offensive. Armés de leur nouvel argumentaire sur le projet de loi, Véran, Dussopt et Guérini, ont assuré le SAV de la réunion lors d’une conférence de presse.

Au programme : quelques nouveaux éléments de langage de la macronie, visant à insister sur l’idée que la réforme ne fait non seulement « aucun perdant » et est au service de la « redistribution », comme l’a expliqué Olivier Dussopt hier au JDD, mais surtout une volonté de rester inflexible sur le fond.

Face à la contestation massive et au rejet écrasant de la réforme, Olivier Véran a ainsi insisté sur l’idée que cette dernière permettrait « plus de justice d’équité »… tout en insistant sur le fait que les économies qui seraient permises par la réforme, au nombre de 18 milliards d’ici 2030, « sont tout à fait fondamentales ». Pas sûr que l’argument budgétaire convainque qui que ce soit, surtout pas quelques jours après avoir annoncé un allongement du budget de l’armée de 100 milliards d’euros sur la même période.

Pour faire avaler la pilule, Dussopt a évidemment tenté d’égrainer quelques mesures qui justifieraient la réforme. Sur le fond, aucune nouveauté, si ce n’est que le gouvernement prétend avoir chiffré l’impact de ses mesures. Ainsi, le gouvernement prétend que le minimum retraites concernera 200.000 retraités. Dans les faits, ce chiffre déjà utilisé par le gouvernement a été largement remis en cause, Mediapart estimant qu’un nombre très réduit de retraités toucheront 1200 euros :

« Il y aura bien des revalorisations du montant des pensions, pour environ 200 000 des 750 000 nouvelles et nouveaux retraités chaque année, mais à un niveau modeste, et difficile à calculer. Et pour les 2 millions de retraité·es actuel·les qui devraient bénéficier de la mesure (sur plus de 16 millions de personnes), bien malin qui peut aujourd’hui dire sous quelle forme elle se présentera, et avec quelles conséquences exactes. »

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Enfin, pour donner le change en tapant légèrement sur le patronat, Dussopt a évoqué des sanctions pour les entreprises de plus de 300 salariés qui ne publieraient pas « l’index sur l’emploi des seniors » créé par la réforme. Une mesure qui n’améliorera aucunement la situation des seniors, mais qui vise juste à contrôler qu’une partie du patronat aide ben à appliquer l’objectif du gouvernement : faire travailler plus les seniors.

De son côté, Stanislas Guérini, ministre de la fonction publique, a cherché à dessiner quelques gages pour les fonctionnaires en évoquant des éléments « d’amélioration de la gestion des carrières ». Une arnaque évidente qui ne risque pas de convaincre les fonctionnaires que travailler deux années de plus est juste, alors que ces derniers étaient très mobilisés le 19 janvier.

Sur le fond, si le gouvernement tente de gonfler artificiellement quelques mesures ridicules qu’il propose, le message est donc clair : il ne compte pas bouger d’un pouce sur le cœur de sa réforme, le recul de l’âge de départ à 64 ans et l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation, et n’est prêt à discuter que des miettes. « Revenir sur ce point serait renoncer au retour à l’équilibre du système » a ainsi pointé sentencieusement Dussopt.

Le gouvernement reste donc inflexible, et si Macron a expliqué dimanche vouloir respecter le débat parlementaire, la réalité c’est que son gouvernement entend restreindre au maximum celui-ci et n’hésitera pas à passer en force au besoin. Dans ce cadre, seule la construction d’un rapport de forces puissant par la grève garantie de faire reculer le gouvernement.

Il y a urgence à travailler en ce sens en multipliant les AGs dans les entreprises et lieux d’études ainsi que les AGs interprofessionnelles, afin de construire une mobilisation du 31 janvier la plus forte possible, qui serve de tremplin vers 72h de grève aux côté des raffineurs le 6 février avant un départ en reconductible.


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