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Politique

Arc anti-social

Retraites. Les sénateurs votent le report de l’âge de départ à 64 ans !

Ce samedi le Sénat, à majorité de droite, a voté pour le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Un rappel pour le gouvernement qui, s’il dit ne pas partager la méthode et souhaite attendre janvier en tablant sur le dialogue social pour faire passer la pilule, est en parfait accord avec l’objectif.

lundi 14 novembre

[Crédits photo : THOMAS SAMSON / ARCHIVES AFP]

LR profite des débats au Sénat pour rappeler sa volonté d’attaquer les retraites

Ce samedi, le Sénat, dominé par la droite, a voté un amendement qui prévoit l’allongement du départ à la retraite à 64 ans. Les Républicains ont profité des débats sur le projet de loi des finances pour présenter un amendement au budget 2023 de la Sécurité sociale. Celui-ci prévoit la mise en place d’une « convention nationale » avec des mesures pour un « retour à l’équilibre » qui prendrait en compte les carrières longues et l’emploi des seniors.

Une convention qui, en cas d’échec, serait remplacée par une accélération de la réforme Touraine comportant un allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. L’amendement, porté par le sénateur LR René-Paul Savary, a été votée par 195 voix pour, 130 voix contre et 19 abstentions.

Cette manœuvre est conçue comme un coup de pression au gouvernement. Les sénateurs de droite l’assument d’ailleurs pleinement : c’est un amendement qui n’a aucune chance de passer. « Nous ne nous faisons pas d’illusion », « nous avions besoin de ce message politique » a ainsi affirmé Philippe Mouiller (LR).

En face, le gouvernement a bien entendu le message et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est sur la même longueur d’ondes. Ainsi, le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe a salué la « cohérence » du sénateur LR Savary, avant d’ajouter qu’il était d’accord avec « les objectifs » mais qu’il préférait privilégier une méthode de « concertation ».

Une attaque du gouvernement qui arrive à grand pas

Le gouvernement a, à cette occasion, rappelé à quel point son projet était toujours d’actualité en mettant en avant son calendrier avec un projet de loi en janvier. L’occasion aussi de préciser à quel point il compte sur le dialogue social, puisque le groupe à majorité Renaissance au Sénat a renchérit sur les propos du ministre en affirmant que « même la CGT revient à la table des discussions, les choses avancent ». La CGT est en effet retournée aux négociations avec le patronat, sous l’égide du gouvernement, sur le « partage de la valeur » depuis mardi dernier.

Si l’amendement du Sénat ne sera probablement pas confirmé, il rappelle que cette attaque d’ampleur contre les droits des travailleurs arrive à grand pas. Les négociations patronat-syndicats lancées par le gouvernement n’ont d’autre but que de clore la séquence ouverte par la grève des raffineurs, qui a mis dans toute les têtes la question de l’augmentation générale des salaires et de leur indexation sur l’inflation, en proposant des débouchés qui calment la colère et qui conviennent aux patrons.

Au contraire, la réforme des retraites ne pourra être combattue que sur nos lieux de travail et dans la rue, et il va falloir s’y préparer. S’en remettre au « dialogue social » à l’heure actuelle est une impasse, après deux journées de grèves isolées impulsées par la CGT les 27 octobre et 10 novembre qui se sont soldées par une mobilisation en berne faute de plan de bataille sérieux.

Pour les retraites comme pour les augmentations de salaires, il faut reprendre le chemin des grèves et de la rue. Car comme l’ont montré les dernières années, ce n’est que par le rapport de force qu’il est possible d’arracher des revendications d’urgences face à la crise et de faire face à l’offensive contre les retraites que préparent activement Macron et son gouvernement.



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